Fragment 99 – Ma main sur ton ventre
D’heures de nuit en heures de toi, la vitre dérive
Réverbère là-haut, déduisant du jour des éclats
A la vitre au-dessus, la lumière darde au plus près de toi
Petit encart lunaire, enduisant les pâleurs de ton ventre
En un petit carré, publicité n’ayant rien à vendre
Au carré ciblé, on la dirait vouloir t’opérer
Noir ailleurs, noir veilleur, ma main dérive dans la lumière
Opérant une caresse sans péril, anodine comme un nombre illusoire
Installant ses veines, ma main chemine et s’arrête à ton nombril clair
Repère induit ? Ta chemise éclairée s’apprête à me demander qu’y voir
L’équivoque du geste, n’est-ce pas ? Je ne sais pas, j’en ai envie, c’est tout. Oui, peut-être pour y sentir grouiller la vie, tes gargouillis de désir, ce fouillis de vin, de passés, d’intestins de futurs, des futurs en conversion, une énergie s’extrayant à l’abri. Sur l’abri de ton ventre, ma main se pose comme un toit de plus sous la plus belle pluie. Le carré de lune peut t’opérer, je veux au moins pouvoir l’assister. Incise-t-elle ? L’action te paraît indolore. Peut-être est-ce parce que sa lumière appelle au même pâle de ce qu’est faite ta peau. Ainsi ce carré ne peut que se fondre, et fendre un peu plus bas. A la brèche ma main reviendra, quartier de lune, croissant croqué par un regard, la vitre allège le noir, léchant tes hanches. Les chants de la nuit me hantent sans éveiller de peur. Dans les vapeurs de ton corps, je m’enchante de trouver un écho. « As-tu remarqué que tu mets tout le temps ta main sur mon ventre ? ». Non. Et pourquoi ? Je ne sais pas, j’en ai envie. J’ai l’impression de saisir ton sens. Peut-être qu’entre tes seins, ta bouche, tes fesses, ton sexe, je trouve sur ton ventre un endroit où ma main peut dire qu’elle te veut, qu’elle te veille, que tu lui éveilles du désir et de la tendresse : à mi-chemin de tout, le champ des possibles. Mais aussi qu’elle peut rester là dans le carré, au carrefour de tout, de rien, comme les étoiles là-haut qui sont autant d’intersections. En tout cas, je ne suis pas un homme d’équinoxe, et tu n’es pas plus une femme d’équilibre. Notre énergie à tous les deux doit tirer des bords dans le jour. Je déborde de toi ce soir, je coulerai demain dans l’après-midi, embarcation d’inconstance. Mon désir t’aborde et certains soirs je parle, trop, le désir comme absorbé. Ma main dit peut-être beaucoup d’une origine à cela, à ces nuits sans lune en moi ! De toi à moi, de trois à neuf, je ne sais pas. Sûrement que tu me suggères ce sens. Moi le sens, c’est comme si certains soirs je le perdais. Dans ce carré ma main te retrouve, mettant en lumière mon désir qui couve, comme une fièvre.
D’heures de nuit en heures de toi, la vitre dérive
Réverbère là-haut, déduisant du jour des éclats
A la vitre au-dessus, la lumière darde au plus près de toi
Petit encart lunaire, enduisant les pâleurs de ton ventre
En un petit carré, publicité n’ayant rien à vendre
Au carré ciblé, on la dirait vouloir t’opérer
Noir ailleurs, noir veilleur, ma main dérive dans la lumière
Opérant une caresse sans péril, anodine comme un nombre illusoire
Installant ses veines, ma main chemine et s’arrête à ton nombril clair
Repère induit ? Ta chemise éclairée s’apprête à me demander qu’y voir