Fragment 100 – La liberté a les yeux verts
Douce liberté
Rappelle-toi l’air ténébreux que nous humions
Au bout de ce calvaire je peux fêter le feu retrouvé
Epoussetant sa plume d’yeux verts envenimés
Au tout retrouvé, à ce que toi et moi étions
Un flou insensé pour couver la foudre espérée
Nous sommes, toi et moi
Oui, mon seul toit d’homme est ton ciel envoûtant
Imparable amante, mon choix
Résonne de ta voix aimantant mon temps
La liberté a les yeux verts. J’en prends un regard, comme au puits, là, je lui rends ce même regard. Elle a les yeux gris. L’air ténébreux que nous humons, je ne suis qu’un vieux lion au carrefour. Je sieste à cette croix, paresseux.
La liberté a les yeux verts, puis gris, puis châtains puis… ? Je ne sais plus, la pluie m’a détrempé le regard. Mais se prépare à la guerre. Alors je sieste à cette croix, car je ne suis pas de ceux qui lèvent la griffe. Je la pose, je l’incruste et dans le sillon, de l’encre. Je sinue dans tes yeux verts, ils se posent sur mon corps de sommeil. Au pays gris tu veux me réveiller, déposant quelques pieds en coups. Ma patte s’immobilise à ton cou de pied, ma sieste a la verve de l’instinct. Un flou insensé pour découvrir la foudre espérée. Voilà ce que je pare, et voilà que ton pied repart. Petite fille que fais-tu ? Tout est comme si tu cherchais la guerre alors que la nature ne t’en a donné aucun attribut. Ta tribu est la liberté, alors libère tes yeux verts de leur caprice de n’être que verts. Fais-toi une fièvre de couleurs et qu’ils maturent. Expose-les à la vie, à ses roseraies belles et scélérates, à ses îles dont ton morose rêverait.
Je ne suis qu’un vieux lion qui sieste au carrefour. Les cieux l’ont compris alors ils pleuvent, faisant la guerre à notre mars. La marche haute pour une enfant, rejoins tes hauts déjà et ta liberté, peut-être, saura gravir. Le marron de tes yeux, il s’y décèle des reflets de paternel. Résonne sa voix aimantant ton temps.
Et tu tapes encore dans ma carcasse, comme si le démon pouvait en sortir. Peut-être serais-tu surprise s’il sortait du bout de ton pied.
Douce liberté
Rappelle-toi l’air ténébreux que nous humions
Au bout de ce calvaire je peux fêter le feu retrouvé
Epoussetant sa plume d’yeux verts envenimés
Au tout retrouvé, à ce que toi et moi étions
Un flou insensé pour couver la foudre espérée
Nous sommes, toi et moi
Oui, mon seul toit d’homme est ton ciel envoûtant
Imparable amante, mon choix
Résonne de ta voix aimantant mon temps