A l'anarchie du désir

Fragment 93 – Tandis que tes lèvres bullent de quelques baisers

Dimanche un jour d’été, où tes mains sont à mon torse

Raconte et dis m’en les amorces, amour

A ce dimanche d’été, août t’a lié les mains

Petite force alitée, couchée de tout ton poids sur moi

Espace de tes hanches, écorce éparse de tes cheveux

A ce blé de ta peau je caresse des collines électriques

Une paresse t’a prise, enclenchée par l’antique éclipse noire

 

Nous voilà saisis, des prises à l’une à l’autre, et le jour alunit

On est une quasi paralysie, enchâssés dans la douceur de toi

Il est l’heure d’aller chasser des lunes de sensations ici

Résidus de sensuel, des pousses de lueurs dont l’extinction nous boit

 

Bras dessus bras dessous, nous n’avons pas même à y aller, nous y sommes. Evidemment le sommeil attendra, le soleil nous dit de tendre l’oreille. Je ne peux pas m’étendre plus, ton corps m’écrase. Je sens le désir m’abraser, mais je ne peux presque plus bouger. Seules mes mains peuvent faire circuler leur sang par des marées de lune. Tout a démarré je ne sais comment, puis j’ai voulu dériver. Tes mains sont rivées sur mon torse, tes lèvres bullent de quelques baisers sur les miennes, qui leur répondent d’autres aperçus dans tes persiennes. Je perçois l’ouverture. Par mon bras qui longe ton dos, je te réchauffe à la fraîcheur du soir. Non amour, tu le dis, il n’est pas sale de s’allonger ainsi dans la torpeur d’août. Tours est torpillée de sensuel, effondrement et pillage de ton seul corps. J’épie le noir de tes cheveux de merle, je guette où les désirs s’entremêlent. Au gué de ta peau, ligne de franchie. Recroquevillée dans mon cou comme par pudeur, tu peux y croquer la fougue qui pousse en nous. Nous sommes une coquille à l’intérieur presqu’invisible. Quand pourtant la rue pourrait nous voir. Elle pourrait te voir nue, au rebord, sur mon corps trop habillé. Je me freine de te soulever et reste là sous l’éveil de tes envies. J’en suis l’outil et tu t’oublies. Au blé de ta peau, je veux injecter l’électrique, une vie de château dans les contreforts que tu as édifiés sur moi. Le frottement de nos corps terrasse, notre carapace s’ancre à ce lit, se lit la pesanteur de toi, et la jonction que j’y déploie. Déduits de la nuit, dans ce jour où tout est puissances et pousses de luisance. Mes mains épuisent leurs tours, abattant leurs cartes dans un château d’impalpable, elles épousent ton flou, écoutant jusqu’aux douves de ton désir.

 

Dimanche un jour d’été, où tes mains sont à mon torse

Raconte et dis m’en les amorces, amour

A ce dimanche d’été, août t’a lié les mains

Petite force alitée, couchée de tout ton poids sur moi

Espace de tes hanches, écorce éparse de tes cheveux

A ce blé de ta peau je caresse des collines électriques

Une paresse t’a prise, enclenchée par l’antique éclipse noire

 

Nous voilà saisis, des prises à l’une à l’autre, et le jour alunit

On est une quasi paralysie, enchâssés dans la douceur de toi

Il est l’heure d’aller chasser des lunes de sensations ici

Résidus de sensuel, des pousses de lueurs dont l’extinction nous boit

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