A l'anarchie du désir

Fragment 91 – Gigantesca

Depuis le port des Gigantesques

Repose un sable noir puisé en terre

Aux lignes d’or que décrivent les vagues en arabesques

Prose digne d’horribles heures, d’enfer

En homme on appose l’empreinte en rien dantesque

Au bord on trépigne, le regard en l’air

Une somme de signes dessine des fresques

 

Nous relevons le calme dans l’or du soir

On regarde au Nord là où les falaises se pâment

Instant dardant d’un printemps pas encore là

Relevons la flamme d’un temps fort en âme

 

Tu n’es rien face au monde, et pourtant. Te voilà comme une île pas encore avalée : à vaquer les pieds dans l’eau. Mes yeux sont braqués sur toi. Tu ne parais rien, là aux pieds des murs, des vagues semblant des vaguelettes face aux falaises. Tu ne parais rien et pourtant tu m’es tout. Je mets tout en nous, mes souffles et mon désir, mes essoufflements nés de plaisirs trop confortables, mes soupapes de rêve. Regarde-moi cet Ouest ! Tu le magnifies. Il lui manquait du vert et l’arche de tes jambes, au vent le frisson de quelques frisottis. De ta démarche bonhomme, tu dardes de féminité. Le jour s’attarde pour toi, pour toi seule. Tu dois le ponctuer comme une phrase, comme une page, un livre à terminer. Tu es la ponctuation de mes temps, tu es l’encre noire : volcanique encrier de ce sable que tu foules. Aux Gigantesques il y a foule, oui, mais je ne vois que toi. Il n’y a que la houle de tes mouvements dans l’horizon. Je me grise de désir, comme une main remue les tisons. Du bout des ailes j’y trempe une plume et le jour s’enflamme dans la rampe de tes cheveux. Tu approches, toujours plus, comme un reflet collectant pour le lendemain. Tu approches et me frustres : friction avortée de l’attente et de la tentation de céder. Tu m’enlèves la liberté de céder. Dans l’horizon tu m’obsédais, comme un futur à bâtir. A présent tu m’es la passion d’une nuit à saisir.

 

Depuis le port des Gigantesques

Repose un sable noir puisé en terre

Aux lignes d’or que décrivent les vagues en arabesque

Prose digne d’horribles heures, d’enfer

En homme on appose l’empreinte en rien dantesque

Au bord on trépigne, le regard en l’air

Une somme de signes dessine des fresques

 

Nous relevons le calme dans l’or du soir

On regarde au Nord là où les falaises se pâment

Instant dardant d’un printemps pas encore là

Relevons la flamme d’un temps fort en âme

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