Fragment 90 – Le poids de la peur
Drainé par ma peur, je me gonfle d’intérieur
Reine la peur parle à ma vie, pare à mes énergies
Au désir elle parle aussi : « je limiterai ton réel »
Peur je suis, j’appelle en moi et le puits répond « descends »
Et je descends car l’appel de la peur n’est ni ami, ni ennemi
Au puits je passe à peine : les quasi cent d’excès me cadenassent
Un passage par-delà mes chaînes
Nos verres sont une pesanteur de plus, exogène senteur
On veille à coucher moi je m’endors, dans la vie
Instinct de vieillissement, en dormance le désir m’effleure parfois
Réveil à peine touché s’effeuille, s’effraie, s’ennuie, s’en va
Sans nuit, sans légèreté : des nuits de coma, des poids de toi et moi, de ma peur d’être durant ces mois. Se conformer fait du chêne à l’instinct, des planches pleines et robustes, pour toutes les tailles de bustes, toutes les échelles de désir. Je suis sur le flanc. Dans la vie, en toi. Je vaque mollement comme une marée de pétrole : je suis un clapot en toi. Pincez-moi, je crève. Je suis le prince de la peur et je te le fais subir. Personne ne me dit qu’aimant la peur, je peux voler, qu’amant de toi, de mon instinct de mort, je pourrais vivre léger. Alors je me conforme et rentre dans des mois prétendument droits, des moiteurs de regards dessus tes fesses flanchées du mot « paresse ». La papesse est ma peur, toi tu n’es qu’une mère, même pas supérieure. Sur le flanc je me vois pénétrer en nous, au travers des veines que je t’injecte je lis l’ancien des étreintes, le gonflement de nos pulsions de vie, pulsions de mort. Tu mords l’oreiller, j’en sentirais la douleur. Je sens tirer en moi les chaînes : elles sont de muscle et de graisse, d’effort et d’oubli, d’accords perdus excédant dedans l’ivresse. J’excède en tout sauf à m’incarner. J’incruste mes veines en toi mais la toile déjà ne vaut plus. Tu mords dans l’oreiller, comme en demande de vie. Je ne peux donner que de l’instinct de mort. Mon désir est ainsi, que rien ne le commande sinon manger les chaînes. Du fond du puits la peur gémit. J’ai mis en toi ce cri, l’oreiller vrombit mais comme toujours, sans y parvenir. Ton excès de contrôle sur ton instinct de vie, il est à l’image du faux qui te dirige. Tu affectes et je n’avais pas vu cette faux ériger son mouvement au-dessus de nous. Mes excès au moins, sont authentiques. Autant de tic-tac avant que l’oreiller ne gémisse encore, que la peur en bas hurle à l’amour, à la mort : l’ogre y est lié par des chaînes. A chaque membre un oreiller, d’alcool, de livres l’isolant, de nourriture affamant les spores de mon environnement, d’ennui, de conformisme. Elle gémit du désir de me voit émerger du puits. Elle en a peur autant, c’est-à-dire qu’elle espère ma rage de vivre. Moi je m’espère le courage de mordre, et d’engloutir l’ordinaire.
Drainé par ma peur, je me gonfle d’intérieur
Reine la peur parle à ma vie, pare à mes énergies
Au désir elle parle aussi : « je limiterai ton réel »
Peur je suis, j’appelle en moi et le puits répond « descends »
Et je descends car l’appel de la peur n’est ni ami, ni ennemi
Au puits je passe à peine : les quasi cent d’excès me cadenassent
Un passage par-delà mes chaînes
Nos verres sont une pesanteur de plus, exogène senteur
On veille à coucher moi je m’endors, dans la vie
Instinct de vieillissement, en dormance le désir m’effleure parfois
Réveil à peine touché s’effeuille, s’effraie, s’ennuie, s’en va