A l'anarchie du désir

Fragment 89 – La vie de château

Des ébats à l’aile et des baisers absents

Réelle absence dans ses yeux

Absence puérile, de l’enfance encore en elle

Pendant que son désir de femme se heurte

En dents de scie car confronté au réel

Absence, face à la substance des braises

Une retentissante absence : dégoût irréel

 

Non sans se troubler, ce non-sens m’étourdit

On tenait en nos mains un tout, réduit au silence

Insensible ou trop sensible œil vide, et de désir, tari

Renaîtra-t-il ? Que oui !

                               D’ici au soir d’île et une danse

 

Avais-je déjà suscité le dégoût ? Peut-être mais je n’en avais jamais rien su. Tandis qu’ici, ces quelques poignées de secondes au château après s’être saisis de désir… Une arête à la gorge du temps, ces quelques secondes. Depuis des semaines je suis Sade et lui fais comme des apprentissages. La jeune femme en elle désire, la flamme en elle aussi, mais l’enfant tardive nous fait battre de l’aile. Je ne suis plus Sade mais sale, dans cette pièce au juillet suranné. Je ressens la pesanteur des ombres du grand arbre de la cour, la pesanteur de la chaleur et leurs jugements, tout court. Tout court dans ses yeux ce court instant. Instance de quoi ? Je ne sais pas, mais le jugement tombe, et les bras aussi. Eclipses de la cour, des transats de bois, de la table en fer, des mondanités de petites conversations, nous avons cherché le total isolement. Chose faite, l’éclipse est bel et bien totale : elle est là, nous nous tenons dans nos vapeurs d’été. Mais elle, a fait plus : elle s’est vaporisé. Tout comme si notre étreinte avait sali ce lieu d’histoire, d’histoire personnelle pour elle. Héritière des champs, elle désire mais ne veut pas être roturière. Alors elle se rature intérieurement, troublée par les chants d’une enfance mal léchée et capricieuse. Peut-être aussi fait-elle des parallèles mal aboutis, immérités, avec un homme d’avant, plus insignifiant. Reste que cet instant lui dit dégoût et me voilà nu, debout, dans le chaos des bouts d’instants. L’enfant boude en elle, la femme en viendra à bout, peut-être. Ou peut-être cèdera-t-elle à la scélératesse des mondanités, restant héritière des champs jusqu’au bout des pores. La vie de château, chérie. Petite marquise, bientôt une île. La marque du désir y retrouvera ses goûts et son futile. D’ici là remettons nos fûtes et allons boire le thé. Con leche por favor.

 

Des ébats à l’aile et des baisers absents

Réelle absence dans ses yeux

Absence puérile, de l’enfance encore en elle

Pendant que son désir de femme se heurte

En dents de scie car confronté au réel

Absence, face à la substance des braises

Une retentissante absence : dégoût irréel

 

Non sans se troubler, ce non-sens m’étourdit

On tenait en nos mains un tout, réduit au silence

Insensible ou trop sensible œil vide et de désir, tari

Renaîtra-t-il ? Que oui !

                               D’ici au soir d’île et une danse

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