Fragment 88 – Les parallèles polaires
Dans la lumière du Nord, où tout est primaire
Rayons tout à toi, te tatouant de parallèles
Août a mis juillet en haillons, tout comme toi et moi
Prédation du grand Nord, où tout corps se salit pour venir
En ouverture de Nuit, la tente goûte au jour infini
Atout d’ici, nos peaux gouttent d’acre et de nu
Un drapeau de France, une fragrance de fatigue et de lune
Nord ! Nos rythmes dansent et s’accordent, secouant le rance pour en faire des poussières
On est une pousse d’hier, encordée au désir d’un demain
Instable encorbellement de toi sur moi, sciures d’un toit éphémère
Renards et corbeaux témoins, sueurs insatiables d’une cabane sans lendemain
Parfois c’est un lieu qui fait tout, pour le reste je te laisse tout faire. Aucune chance d’étouffer, la tente est ouverte et cette baie fait tout pour que le sauvage puisse s’exprimer. Au contraire du dégoût, nos Sud se nourrissent des sueurs du Nord. Tes parfums m’étourdissent, ma peau fait des tours d’ici au sol, au ciel, vadrouillant en des cercles et parallèles. L’horloge elle-même ne sait plus l’heure. Au doigt mouillé on aurait pu s’inspirer de nos sueurs pour affirmer qu’il est tard. Mais notre fatigue n’est qu’un ferme oreiller, que toi sur moi nous nous assurons d’enfreindre. A nous étreindre nous faisons masure, maison de mesures éreintées. Loin en contrebas, en amont de ce moment, un renard à la robe grise s’éloignera : rassuré que des migrateurs se soient pliés au sauvage de ces contrées. Sa robe il la quittera d’ici quelques mois, et nous, nous quitterons ici sous peu. Non ne te rhabille pas ! Nous ne sommes pas quittes encore, des soupapes de mes désirs. Le Nord a encore à nous dire, à añadir quelques pièces de plaisir, à ce soir hors du temps. A la nuit ajournée nous sombrerons, je sombrerai puis toi aussi. Je me glisserai dans un puits jusqu’au travers du rêve, où je trouverai cette cabane dans un Nord moins végétal. A l’inhospitalier succède une autre étreinte et tes bras sont autres : l’appeau du rêve est savant pour appâter le futur. Les racontars disent que l’histoire est cyclique. Ici dans le Nord je m’en fous, tant qu’elle peut m’enfouir encore dans tes creux.
Dans la lumière du Nord, où tout est primaire
Rayons tout à toi, te tatouant de parallèles
Août a mis juillet en haillons, tout comme toi et moi
Prédation du grand Nord, où tout corps se salit pour venir
En ouverture de Nuit, la tente goûte au jour infini
Atout d’ici, nos peaux gouttent d’acre et de nu
Un drapeau de France, une fragrance de fatigue et de lune
Nord ! Nos rythmes dansent et s’accordent, secouant le rance pour en faire des poussières
On est une pousse d’hier, encordée au désir d’un demain
Instable encorbellement de toi sur moi, sciures d’un toit éphémère
Renards et corbeaux témoins, sueurs insatiables d’une cabane sans lendemain