A l'anarchie du désir

Fragment 87 – Villeurbanne II

Dans l’exigu d’ici, ou des lieux de nos vies

Ronronne non loin ton lien le plus unique

Au fond ne sommes-nous pas vivier ?

Profond Rhône, triptyque de vulnérable

En eau de nous, de nos rades virent des heures cachées

Aucun de nos navires ne doit être découvert

Un sommeil chavirerait, nous ne pourrions plus nous découvrir

 

Nous virons de bord et dans tes joues, fîmes du vermeil

Ode aimante de ma main, à l’allongement de tes fines jambes

Il est infime l’équilibre, un filon de sieste enrichissant nos gestes

Réveil au loin, la quille vibre et mes phalanges se figent

 

La ville heurte par bien des bruits, bannière de sons. Nous ne devons pas en faire un de plus, du moins un de trop. Ta fille ferraille avec le rêve ou les cauchemars, trafic d’images entrecoupé de réveils oppressés. La ville heureusement n’en dit pas trop, et si nous la bannissons, le feu peut se manger, s’engager entre nous. Nous bâtissons l’instant, dinons de peu si ce n’est de ce danger imminent. Celui qui pourrait faire tomber tes vêtements. Au salon s’allongera l’idée, comme des félins nous jouons à la réaliser. La nuit s’irise dehors, le sommeil devrait tenir et rester d’or. A nous le rêve, la part qu’il a de toi, cette poudre qu’il remue en moi. J’achemine mes mains à toi, tu ne fais même pas mine d’hésiter. Le désir éclaire la pièce, à pile ou face nous nous lançons. Aucune place pour le hasard dans nos allées et venues, nous nous sommes alliés dans l’unisson, à gué sur ton corps je désire traverser. Tu enjambes notre nuit, te redresses, écoutes. Silence. Seule la ville heurte par bien des bruits, bannière de sons. Je reprends l’air de tes seins, celui qu’ils font en me frôlant. Tu t’essaimes en souffles, trois bougies d’endormies. Ma chère Juillet, je me sens comme à côté du monde, balloté par tes mouvements. Je ne cherche pas l’émouvant, seul ton fatal m’intéresse. Ce teint de nuit rôdant sur ta peau, fanal alangui car l’air de tes seins ne siffle plus. Silence ? Tu replonges et t’allonges, féline. Notre nuit s’allonge aussi, sous les lueurs du jeu le plus discret. Dans le secret des toits, nous apposons notre marque sans éveiller les soupçons de ton étoile. A vaciller ainsi, Juillet, à vaporiser nos feux d’essence, la vague ne peut que forcir. Quelle vague sur le Rhône ? La netteté de nos désirs, c’est-à-dire la vague de nos corps dans cette nuit. Amour. Je te le dis peu mais le feu dit tout. A de courts mètres on dort, notre heure a l’ardeur d’une aura intérieure.

 

Dans l’exigu d’ici, ou des lieux de nos vies

Ronronne non loin ton lien le plus unique

Au fond ne sommes-nous pas vivier ?

Profond Rhône, triptyque de vulnérable

En eau de nous, de nos rades virent des heures cachées

Aucun de nos navires ne doit être découvert

Un sommeil chavirerait, nous ne pourrions plus nous découvrir

 

Nous virons de bord et dans tes joues, fîmes du vermeil

Ode aimante de ma main, à l’allongement de tes fines jambes

Il est infime l’équilibre, un filon de sieste enrichissant nos gestes

Réveil au loin, la quille vibre et mes phalanges se figent

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