A l'anarchie du désir

Fragment 84 – L’ivresse paisible

D’action à inaction, levier que nous actionnons

Ressac de sensations, de siestes, d’extinctions

Anarchie d’électricité, de fluctuations insensées

Paresse par moments, est-ce par respect ou avarie ?

En sieste on s’électrise soudain, sourde épectase

A la résurrection je tends, sous un nuage d’ogre désireux

Une liesse te traverse aussi, comme un Jourdain affranchi

 

Nos moments sont aussi mordants que le reste est paisible

Où ton menton m’effleure je ne peux plus parlementer

Imparable orage et puis la page s’amende, illisible

Retour au paisible et les amants doucement s’amourachent, enlacés

 

Paresse, paresse et pas de parole. Je ne sens jamais la pression se dégageant de toi, cette sorte « d’appel à ». Tu n’as besoin de rien, ni d’épeler de ce qui se passe en toi. Tu n’es pas passive, non. Tu m’épouses comme moi-même, j’épouse le moment. Tout est entre nous comme un lent mouvement s’arrachant à l’inertie, et plus la lourdeur demande d’énergie, plus la vague sera violente. Oui, nous sommes un genre de vague, l’union d’un sel, d’une masse d’eau, reliés par un courant. Il est facile d’écrire qu’il se nomme amour, mais moi je ne le dis pas. J’ai du mal à dîner de ces choses-là ces jours-ci, bêtement, bêtement à cause du passé. Vois-tu ? Le courant nous lève, nous, massives entités de paisible. Oh non, nous ne pesons rien pourtant. Ai-je déjà vu mon corps si fin et si puissant ? Et le tien, avec son fatal d’extravagance ! Formant le nôtre comme un cocon fœtal, au désir qui semblait dormir. Ton sang dort ailleurs aussi. Il est un jeu de profiter de ses siestes, de se laisser dicter le moment quand. Il y a ce mot manquant, amour, que je pourrais te dire, ou te dire plus. Notre désir s’étire et culmine, la vague va pour s’abattre. Et la mer est d’huile soudain, période immense avant d’autres avancées de nous. L’alcool nous endimanche aussi parfois, mais nous savons jongler d’une ivresse à l’autre, d’une paresse à la messe de nous, que nous ne manquons jamais de célébrer.

 

D’action à inaction, levier que nous actionnons

Ressac de sensations, de siestes, d’extinctions

Anarchie d’électricité, de fluctuations insensées

Paresse par moments, est-ce par respect ou avarie ?

En sieste on s’électrise soudain, sourde épectase

A la résurrection je tends, sous un nuage d’ogre désireux

Une liesse te traverse aussi, comme un Jourdain affranchi

 

Nos moments sont aussi mordants que le reste est paisible

Où ton menton m’effleure je ne peux plus parlementer

Imparable orage et puis la page s’amende, illisible

Retour au paisible et les amants doucement s’amourachent, enlacés

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