A l'anarchie du désir

Fragment 83 – Écho des triangles

Déduit d’une tente avant la nuit d’une île

Réduit, l’espace donne pourtant à l’infini

A te séduire je n’ai pas à jouer : tu nous enduis de désir

Petite géométrie de passereau, où tu tends à vouloir

En avance à la nuit, ajourée tu passes au-dessus de moi

A t’enduire de nous tu joues et j’assiste à ton soir naissant

Une anse de toi où je te sens femme, émergeant de tes suies

 

Nichant sous ce triangle, tu es merle en volière mais libre

Oui ton vouloir fait à l’angle des jets merveilleux de noir

Instant sans langage, instinct perlant que tes pentes enjolivent

Rutilante fête à tes joues, fondant au teint comme un bougeoir

 

C’est un enchaînement de soirs, et de toutes les terres que nous courons, c’est ton territoire que je préfère parcourir. Le crépuscule n’est pas là mais tu veux voir ; le jour n’a pas encore pâli que pour une rare fois, je te sens émerger d’intention. « Vouloir » te devient un couloir à arpenter. Tu te dénudes à peine en prélude à la nuit et sous les angles bleus et exigus, tu fais du feu noir en frottant tes cuisses à mes hanches. Ta chevelure penche et nous lie, ton torse est libre d’aller, dans l’écho bleu des hauteurs qui dansent. Tu me fais une sensation d’immense à la veille de ce dimanche insulaire. Insolente à tes petits acquis, tu délaisses l’héritière des champs pour maquiller le soir. Passade ? Qui sait ? Marquise éphémère, à l’exquise excitation de la nuit qui s’amorce. Petit passereau la mer t’a fait migrer, c’est ainsi que cet inhabituel de lieu, de nid, d’île au crépuscule de juillet, bascule tes bastions désuets. Tu siffles d’un souffle alourdi, comme si le désir avait ourdi son plan en toi. Sous ce soit d’un soir, la géométrie me marque et ton triomphe de femme est un joyeux mépris pour le convenu. Je vois naître cette flamme avant même la nuit, comme si tu ne pouvais t’empêcher de goûter à mon corps d’homme soudain. Le cordon est désir entre nous, seule morale qui vaille et noue nos perceptions. Avant que le jour ne baille, les pentes du pré font de l’extinction une éclosion. Un enclos sans lave à la veille d’un scandinave, une veillée pour tes lèvres parlant à ma peau, et mes yeux qui savent.

 

Déduit d’une tente avant la nuit d’une île

Réduit, l’espace donne pourtant à l’infini

A te séduire je n’ai pas à jouer : tu nous enduis de désir

Petite géométrie de passereau, où tu tends à vouloir

En avance à la nuit, ajourée tu passes au-dessus de moi

A t’enduire de nous tu joues et j’assiste à ton soir naissant

Une anse de toi où je te sens femme, émergeant de tes suies

 

Nichant sous ce triangle, tu es merle en volière mais libre

Oui ton vouloir fait à l’angle des jets merveilleux de noir

Instant sans langage, instinct perlant que tes pentes enjolivent

Rutilante fête à tes joues, fondant au teint comme un bougeoir

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