A l'anarchie du désir

Fragment 82 – Un ami

Drôle de jour au solitaire

Rôle des jours de l’isoler, par désir

Au détour d’un message lancé aux airs

Parvient à lui, frôlant le cœur, la tendresse amie

Elle provient de bien des ailleurs, qui l’espèrent

Au long cours des éphémères de liesse, de liant

Un lien prouvant sa vigueur à la Terre entière

 

Nous vantons l’amour, éventant trop le reste

On nous vend tant d’absolus, ces fours à sentiments

Insensibles santons alors, quand pourtant d’Est en Ouest

Rugit la rage simple de se sentir aimé

 

Je t’ai écrit. D’un autre monde tu me réponds. Notre automne patagon est loin mais les gonds de notre lien sont bien huilés. Ces mots… Ils ne sont pas qu’une couverture. Je me souviens avoir supposé ton désir. Je me souviens aussi de ce repas, elle, toi et moi. Elle aussi, je lui supposais du désir. Et moi j’étais là, au milieu de ce qui pourtant n’avait rien d’un bras de fer. Elle avait la mauvaise manière de trop parler, toi tu te parais de ton habituelle élégance. Je vous supposais du désir et peut-être à raison. Le mien était arraisonné loin, peut-être à Buenos Aires, peut-être même perdu ailleurs.

Dans l’automne patagon, j’étais déjà l’absence, quand vous étiez puissance. Puissance, car ceux qui désirent auront mille vies. Tu étais une présence. Je me serais presque posé la question, mais j’y avais répondu. Alors tu es resté une présence depuis, avec toute l’élégance qui te caractérise. D’un autre monde tu me réponds, et je sens tout l’influx qui glisse en moi. Je sens ce lien, je bois du sang de lion. Tout est délié en moi maintenant que je te lis, main tenant la mienne come d’un au-delà que je ne franchirai jamais. Si un jour je meurs, que le désir ne revient plus de ses torpeurs solitaires, je saurai avoir ta présence pour moi. Se sentir aimé, ici ou au loin. Qu’aimer ? Comment ? Quemé una versión de las posibilidades. Pero amigo hay otra, verdad ? Les lointains sont des fantômes, qui se matérialisent selon l’anarchie de leurs mouvements, de leurs désirs. Car le désir est lui-même un lointain, souvenir ou présence, présent sur le point de faire éclore un après. Sur un point il invite à ne pas rester, il en ajoute deux autres. Il s’agite comme un drapeau, spectre noircissant l’instant, dressant sa puissance dans ce qu’il y a de plus immatériel. Brise amicale, mi-chaotique et pleinement vulnérable. D’un autre monde.

 

Drôle de jour au solitaire

Rôle des jours de l’isoler, par désir

Au détour d’un message lancé aux airs

Parvient à lui, frôlant le cœur, la tendresse amie

Elle provient de bien des ailleurs, qui l’espèrent

Au long cours des éphémères de liesse, de liant

Un lien prouvant sa vigueur à la Terre entière

 

Nous vantons l’amour, éventant trop le reste

On nous vend tant d’absolus, ces fours à sentiments

Insensibles santons alors, quand pourtant d’Est en Ouest

Rugit la rage simple de se sentir aimé

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