A l'anarchie du désir

Fragment 8 – Intangible

Dormons dormons, dans l’illusion du jour

Rampons rampons, sous des rayons trop blancs

A voir trop grand, à vouloir laver plus blanc que blanc

Peut-être avons-nous crayonné « vide » sur le jour

En déboires on s’y confond, pris dans les rondes

Alors que les rêves qu’on fonde en sortent et vont

Un espoir roussi ne crève que si l’on feint d’y être sourd

 

Nous nous relevons dans la nuit, le long du vent de minuit

Où l’ennui naît nous levons des armées d’ « et si ? »

Il s’en suit que désarmée la peur même désire

Relents de suie et l’étincelle repart d’un simple soupir

 

Je suis notre force. Je peux briser nos barrières inconscientes. Voilà des mois, des années ? Tu nous as fait nous engouffrer sur des chemins de bras de fer. Sache-le : je les gagnerai tous. Que le désir parte ou revienne, que tout s’en aille, que tout revienne, mon amour reste. Mon amour, sur ces chemins, fais de moi des restes de braises si tu le veux, aspires-en les derniers feux, nourris-en tes colères, tes errances insatisfaites. Je suis le reflet de l’ombre et rien ne peut m’atteindre. Ton foutu jour aura beau me rendre invisible, je demeurerai là comme mon amour : intangible. Mon amour, mon désir obéit à des puits, des puits communiquant dans des contrées : il s’y puise du rêve et l’ivresse et de la joie. Joue à les contrarier si ton démon te l’ordonne. Dans ces contrées je règne, et à déconstruire, à briser, à obéir, ton démon s’épuisera. Ces chemins de bras de fer passent en mon pays. Aller d’un de leurs pics aux pires gouffres, il m’est un passe-temps d’en faire des tropiques. Il n’est d’enfer que lorsqu’il n’est aucun envers à ce que l’idiot appelle : la réalité. Ton démon est idiot, tu apprendras à lui désobéir. Quand enfin libérée, reprends le chemin des blés et coquelicots, dirige tes yeux verts au carrefour de nos rêves et idéaux. Tu m’y trouveras.

 

Dormons dormons, dans l’illusion du jour

Rampons rampons, sous des rayons trop blancs

A voir trop grand, à vouloir laver plus blanc que blanc

Peut-être avons-nous crayonné « vide » sur le jour

En déboires on s’y confond, pris dans les rondes

Alors que les rêves qu’on fonde en sortent et vont

Un espoir roussi ne crève que si l’on feint d’y être sourd

 

Nous nous relevons dans la nuit, le long du vent de minuit

Où l’ennui naît nous levons des armées d’ « et si ? »

Il s’en suit que désarmé la peur même désire

Relents de suie et l’étincelle repart d’un simple soupir

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