A l'anarchie du désir

Fragment 79 – Canopée

De l’air à tes reins, les mains du vent d’avril

Repaire ouvert pour tes yeux verts, sur une forêt de sensations

Au monument vibrant d’un moment libre en tout

Prélude aux sommets, comme d’un sommeil tremblant

En dénuement de nous, se fomente la cime

Au dénouement du flou, la petite mort a lâché : dépassée

Une forêt que l’on domine, et la morale escaladée frémit

 

Nage en bord de mer, en bord des rythmes de nos peaux

Ombres musculeuses ajourant le Nord perdu, par l’heure joueuse

Ingérence des rideaux rougeoyants, arythmie de leur tempo

Résurgence du sincère à nos joues, à nos rides déjà moins odieuses

 

De l’air au délétère et éreintant refrain. Les leçons mordaient, voilà la mort des jugements pour au moins ces quelques minutes. Amour tu te déjuges et ce faisant, ôte tes mains de ma gorge. Fin du déluge, faim des jus de ta peau, soif du tempo de ta chair. Nous pouvions nous enfreindre, enfin. La morale a chèrement vendu ses camelots, ses pesanteurs sur nous. La fenêtre ouverte voisine l’instant, le voisinage des rideaux jouant dans l’air printanier, une chaleur princière qui rince nos énergies de leurs sueurs. La brise au sommet de la canopée. Une cime rend hommage à je ne sais quoi de nous, aucune similitude avec rien. Lacune des comparaisons quand naît une trouvaille d’inattendu. Comment trouvons-nous ces bois en bord de mer ? Les chiens aboient au loin, le Nord se mêle à nous, le sel endort les vagues et ta peau frêle et dorée fait des ressacs. A gué nous traversons cette plage d’horizon, ensemble, à genoux devant l’irraisonné. L’heure est sonnée, le sang tremble à mes jambes, tu sembles heurtée de joies. Moi je ris, comme jamais depuis des mois, piégé par l’instant, piégé dans les cimes de toi. Ce printemps nous a sommés de fleurir, de cesser de s’assommer de mots bons seulement à flétrir. Tes colères ont pris le chemin des airs, le choléra de tes humeurs acheminé dans l’envers : sur le dévers de notre amour, dont les mouvements frémissent encore. Petites répliques de corps à de plus grands prémices. Précipice sous la canopée, pour nos paires d’yeux qui se retrouvent, où s’opère l’ouverture. Au rideau balançant son ombre, à nos joies sans nombre, à venir, avenues. La venue de l’aube pour ses reflets, la veux-tu fille de la forêt ?

 

De l’air à tes reins, les mains du vent d’avril

Repaire ouvert pour tes yeux verts, sur une forêt de sensations

Au monument vibrant d’un moment libre en tout

Prélude aux sommets, comme d’un sommeil tremblant

En dénuement de nous, se fomente la cime

Au dénouement du flou, la petite mort a lâché : dépassée

Une forêt que l’on domine, et la morale escaladée frémit

 

Nage en bord de mer, en bord des rythmes de nos peaux

Ombres musculeuses ajourant le Nord perdu, par l’heure joueuse

Ingérence des rideaux rougeoyants, arythmie de leur tempo

Résurgence du sincère à nos joues, à nos rides déjà moins odieuses

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires