Fragment 77 – Constellation à trois points
Dos à moi, amour, nos peaux se collent
Recueillant ma sueur sur tes épaules
A moudre du désir, du visage tu t’écroules
Poudre de plaisir, perçant d’invisibles pôles
En tremblant, nos nuages d’énergie s’invectivent
A moudre du désir, nos collines se frôlent
Un semblant d’orage rugit, à l’oreille éveillée car affolée
Nous sommes la folie d’un instant sans faux semblants
Où l’appeau luit d’un son, linéaire en moi depuis
Il crie « sois ! » à l’homme alité dans son ennui brûlant
Récitant cet éphémère comme un génie sorti du puits
A l’oreiller tes soupirs s’affolent, se relèvent. Ta maladresse de corps a l’adresse de me faire sentir tes cheveux. J’évite tes coups de tête, ne récolte que l’écho de ton parfum, de tes odeurs. Ta maladresse décolle de temps en temps mais nos désirs s’affolent toujours. Ce jour d’août est un aujourd’hui à la chaleur d’enfer. Il se chante à l’heure d’une fin d’après-midi. Je suis pris en toi mais pas prisonnier. Nous jouons à papillonner dans cet août et dans ce tout de moiteur. Nous revenons du Nord et vais-je dire que nous inversons les pôles ? Nous perçons d’invisibles tropiques en faisant des cercles à ton dos. La banquise a fondu, le polaire n’a plus que l’animal, mais dans une lascivité de lenteur. Nous voilà invités dans une cavité d’avant déluge. Hanter tes hanches, hanter les miennes. Je sens tes parfums, je m’y penche, ma main t’enclenche en jouant à se perdre. La lenteur entre nous est franche et puissante. Sur le sentier de ton dos, à la grande frontière on constelle. La naissance t’a mis trois points, comme une suspension dans ce temps d’août, dans ton dos qui se voûte entre maladresse et raideur. Et tu t’en doutes à peine entrant en toi, que le désir te guette. Trois points comme un chasseur. Au rayon de tes pores, je choisis l’étreinte. Mon bras s’enroule autour de toi, du toi de ton édifice je joue à poser mon oreille. Comme un chasseur j’écoute, j’écoute, ce sol dépolarisé. Ton cœur bat, plus fort, plus fort. Tu t’écoules d’un oui, linéaire dans cet après-midi. Notre édifice va pour s’écrouler encore, sous nous il est l’heure de rouler. Le roulis de tes étoiles, accolées à mon ventre. A la naissance de ton dos j’oriente notre fin. Sans faim le chasseur reviendrait, Orion est nourricier. Je me relève et quitte le lit du ciel. Je prends la relève d’airs plus doux, plus frais. Nue tu me suis, tu me suivras de ce cri. Itinéraire à mon désir. Nue tu me suis et te colle à mon torse. Tu m’embrasses et « encore » suit ce cri. Les petits seins de ton corset reveulent de notre grande suie.
Dos à moi, amour, nos peaux se collent
Recueillant ma sueur sur tes épaules
A moudre du désir, du visage tu t’écroules
Poudre de plaisir, perçant d’invisibles pôles
En tremblant, nos nuages d’énergie s’invectivent
A moudre du désir, nos collines se frôlent
Un semblant d’orage rugit, à l’oreille éveillée car affolée
Nous sommes la folie d’un instant sans faux semblants
Où l’appeau luit d’un son, linéaire en moi depuis
Il crie « sois ! » à l’homme alité dans son ennui brûlant
Récitant cet éphémère comme un génie sorti du puits