A l'anarchie du désir

Fragment 76 – Le conditionnel des possibles

D’échéance en échéance, tu me reviens

Rendez-vous sur ton terrain, puis ailleurs et vient le mien

Au vibrant son que fait mon cœur, je sais qu’il est une chance

Prendrez-vous de cette chance, au bras des providences ?

En moi je puise à l’heure tardive

A prendrer je veux jouer, à ruser, à faire durer

Un soir tu me parus rétive et le suivant…

 

Nous y voilà ce vin en main dans mon trou noir

On y aspire du vert dans tes yeux, où tout me nargue

Il est l’heure de la vague et j’erre alors d’un mot

Répondras-tu d’une claque à notre envie terrible ?

 

De ville en ville nous allons, nous irons. Avec zèle je te suivrais, des spirales de ce trou noir à ceux de tes boucles dans ma nuit. J’avais le cœur-argent, je peux être hirondelle. Alors migrons, migrons. L’automne est déjà là, fille de juillet, ne tardons donc plus à façonner. Il est tard dans ce soir d’octobre et ce n’est pas le vin qui m’enivre. Ce livre s’ouvre dans une nuit à l’énergie folle, voire névrosée. Le lit s’ouvre et dans nos bras nous pouvons glisser. Les villes sont loin, les étoiles nous regardent depuis la vitre. A nous ruser nous jouons. « Prender un fuego ». Le cœur d’argent me souffle des sous-titres. Le vent aussi, qui me dit de m’entêter. Alors de ville en ville je te suivrais, je te serais hirondelle. Et quand ce nid de noir ne t’irait plus, je t’en ferais un de lumière, en brindilles de soleil. Soyons patients ! Non, je ne peux pas. Et tu ne pourras pas non plus. Il nous faut tout, tout de suite, la suite avant le début. Le tourbillon de tes boucles m’étourdit. Le vert de tes yeux infuse dans mon sang, le vin à tes lèvres relève ton parfum. En cet instant je n’ai plus de pare-feu, et pour bien des saisons à venir, je serais prêt à n’en avoir plus. Qu’il pleuve ou qu’il neige, je ferais de cette eau des étincelles par un frottement continu. Les silex du rêve, que nous sommes, pourraient se refuser au sommeil des mois durant, si tu le voulais. La fatigue est intérieure, l’énergie aussi. Comme à l’étage ce soir, je migrerais pour toi, je bâtirais, je résisterais, je cèderais. [Je voudrais voir encore tes yeux verts ailleurs, jusque dans de sombres rêveries].

 

D’échéance en échéance, tu me reviens

Rendez-vous sur ton terrain, puis ailleurs et vient le mien

Au vibrant son que fait mon cœur, je sais qu’il est une chance

Prendrez-vous de cette chance, au bras des providences ?

En moi je puise à l’heure tardive

A prendrer je veux jouer, à ruser, à faire durer

Un soir tu me parus rétive et le suivant…

 

Nous y voilà ce vin en main dans mon trou noir

On y aspire du vert dans tes yeux, où tout me nargue

Il est l’heure de la vague et j’erre alors d’un mot

Répondras-tu d’une claque à notre envie terrible ?

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