Fragment 75 – Les reflets se repaissent
Décor dérangeant, d’une chambre enfantine
Résidu de ton désir d’enfanter ?
Au-delà je me range à mon désir qui sur toi chemine
Pré sinueux de ton dos s’enflammant
En eaux de la saison, assaisonné d’une sueur maline
A gué nous fendons cet août, courbé, couchée
Un replat où le doute est interdit car lui, examine
Nuances de reflets, que ce miroir se plaît à faire
Ondulant le temps d’une danse, nous lui servons
Incidence : se voir démultiplie nos cadences
Réincisant ce soir où notre énergie fond
Je me range à nos désirs, qui sans foi cheminent, avec pour toute loi tes reins qui amendent in extremis ce lieu. Au bout de toi, au bout de moi, tu ferais mine de te coucher. Belle approche, jolie feinte, ta peau brune appelle à y plonger. Tout est inarrêtable entre nos corps, les tables renversées, les vases déversés dans des puits, deux puits qui de toi à moi communiquent. Commune morne, maison banale et odorante, ce lieu t’a élevé. Sous nous tu veux te coucher. Tu en ferais mine mais c’est dans mon énergie que tu veux piocher. Le miroir te regarde relever les seins à peine, garder l’à-plat de tes jambes. Et moi qui puis-je faire, si ce n’est m’engager ? Sur la dalle de ton corps, je claque du pas, je me fais soldat libertaire : je libère bien des hier dans cet instant terrible. Il y a la langue de nos corps, le lalala des reflets faisant écho à la sueur, la sciure de nos désirs qui s’entremêlent. Dans le miroir je me nourris de ce que je ne peux toucher. Je peux mourir ici, le noir me ressuscitera. Cet après-midi se raidit d’animalité, nous sommes de jeunes humanoïdes à l’énergie insondée. Un monde est entre nous mais nous y entrons quand même. Ces reflets se repaissent de nous, ton origine est mon repaire, ton désir mon repas. Ton regard d’affectante s’aspire dans le sensuel : le désir est une sangsue à tout poison. Et l’appel de nos pouls se met à l’unisson.
Décor dérangeant, d’une chambre enfantine
Résidu de ton désir d’enfanter ?
Au-delà je me range à mon désir qui sur toi chemine
Pré sinueux de ton dos s’enflammant
En eaux de la saison, assaisonné d’une sueur maline
A gué nous fendons cet août, courbé, couchée
Un replat où le doute est interdit car lui, examine
Nuances de reflets, que ce miroir se plaît à faire
Ondulant le temps d’une danse, nous lui servons
Incidence : se voir démultiplie nos cadences
Réincisant ce soir où notre énergie fond