Fragment 73 – Saint-Malo
Depuis le ciel de la fenêtre, le gris s’enjolive d’un essentiel
Repaire au lit virulemment corsaire, en une ville presqu’à l’hiver
A la fenêtre du ciel, le turbulent joli de ses boucles
Peut-être ogives de vert et truculent rêve sans qu’un verre ne se verse
En ta peau, en la mienne, nos désirs hululent : on dirait l’amour
A l’amour, à la mort, à la vie, au plaisir : halo d’ombre et d’aube
Un soir à l’orée d’un décembre, un Saint-Malo réunissant nos îles
Nous sommes à l’ombre du désir enfoui, enfin des sommes n’en faisant qu’une
On est une ambre dont un souvenir se fige ici, se fichant du temps
Infléchissement, à l’iode à tes lèvres, amarrés à la Lune
Ressac intérieur couvant l’avenir, une marée sifflant d’envie au vent
C’est un soir au vent portant, une nuit au milieu d’autres, aux traits que ta peau dessine contre la mienne. Une nuit sans importance, sous la persienne de lumière là-haut. Elle est reflet et nous, aussi. Une nuit sans importance, et comme une autre, c’est-à-dire unique, à l’invraisemblable entame d’aucune autre. Citadine Lune aux remparts d’étoiles. Elle s’empare de nos pouls comme d’une mer, pris par la marée de part en part nous nous noyons. Le vent rugit, hurlant « voyons ! ». Hurlement répétés et voyeurs, non ne rougis pas : il n’est que le ciel à la fenêtre. Nuit sans importance enjolivée d’un essentiel. A l’amour, à la mort, dépaysement d’un soir, écho d’aubes en réunion, écho d’ombres insulaires. On pourrait tout saborder après ça. Nos pouls règnent l’un dans l’autre, enfantant le futur. En une fente dans la nuit, une brèche vers l’avenir. Le Nord nous regarde et le Sud s’y unit. Non, pas de verre de versé, juste des syllabes tombant dans la brèche de ta bouche. Echos de l’aube, éméchés de ton désir. Au coin de l’ombre je pourrais oublier les colères. La furie du vent erre au carreau mais c’est la marée, plutôt, qui dicte nos rythmes. Rien ne se rend plus clair, je sais simplement ne pas vouloir me rendre, à aucune défaite, à aucun ordre. Qu’il n’y ait que l’abandon à toi, les bonds dansant de la Lune, l’anse langoureuse de tes bras.
Depuis le ciel de la fenêtre, le gris s’enjolive d’un essentiel
Repaire au lit virulemment corsaire, en une ville presqu’à l’hiver
A la fenêtre du ciel, le turbulent joli de ses boucles
Peut-être ogives de vert truculent rêve sans qu’un verre ne se verse
En ta peau, en la mienne, nos désirs hululent : on dirait l’amour
A l’amour, à la mort, à la vie, au plaisir : halo d’ombre et d’aube
Un soir à l’orée d’un décembre, un Saint-Malo réunissant nos îles
Nous sommes à l’ombre du désir enfoui, enfin des sommes n’en faisant qu’une
On est une ambre dont un souvenir se fige ici, se fichant du temps
Infléchissement, à l’iode à tes lèvres, amarrés à la Lune
Ressac intérieur couvant l’avenir, une marée sifflant d’envie au vent