A l'anarchie du désir

Fragment 72 – Toi qui étais désir

Dévalisé de tes mots, je t’écoute émettre du langage

Réceptif à ces flots je réalise un champ des possibles ravagé

Au champ de lave j’aurais voulu baliser ton île

Parce qu’éruptif de vie, de los cantos del deseo

En un enclos maintenant, goulu de ta mémoire fragilisée…

Argile encore ? De la main tenant la tienne, aurai-je l’histoire ?

Une île que tu es, menant à d’anciennes légendes

 

Ne puis-je accoster ce noir, puiser dans l’antienne quelque phare ?

Oui mais c’est le noir que je veux, ce côté luisant qui te fit vibrer

Il est ta fibre et tu le dis, lançant l’idée depuis les persiennes

Rêve qu’il me reste à percer, dans le taudis de liberté qu’est ton chaos

 

L’étau te fait digresser, t’étirer, glisser, chercher l’issue aux persiennes. Depuis ton île tu voudrais raconter, de cette île des mots et d’anciennes cités. Citadelles maintenant, dont de maigres citations descendent des persiennes… La chambre extatique, je sens ton aigreur de ne pas pouvoir la dire. Le pouvoir, peut-être l’as-tu encore un peu, d’exprimer ce magmatique. Tu voudrais voler comme en cet autre temps, frôler encore ces instants d’une pensée penchée sur ton passé. Encore homme. En corps non endommagé, te raconter. Tu te veux chambre d’écho, non décorum. Tu te sais homme et il me semble que dans ces furies de vie, dans tes sommets d’alors, les femmes te furent bien plus encore qu’un sérum ! Sers ton cœur, homme, et presse-le de dire ce qu’il peut encore prédire de ton passé. Le passé, architecture de tout futur. Peu m’importe le fourre-tout dont tu te sens honteux. Je sais que le four de tes jours a fonctionné au désir et à l’amour, au fait d’être homme auprès d’une femme. Qu’importe que tu fanes, car te voilà porté par elle, elle qui traduit au monde tes bords parallèles. Ces trajectoires et gymnastiques, réunis-les s’il te plaît, dis m’en les unions, désunions, réunions, fusions. Je me réalise imbécile, car à côté dans des agglomérations d’archipel, je n’ai le courage et le lucide qu’à l’heure de la désagrégation. Tu peux m’élucider encore, un peu de cette rage qui te parcourait. Des orages de cette île tu pourrais dire, agençant ainsi la carte parcellaire du partage. A la plage noire sous la peau, par la page siffler dans des appeaux, à en polir ce trésor d’éphémère.

 

Dévalisé de tes mots, je t’écoute émettre du langage

Réceptif à ces flots je réalise un champ des possibles ravagé

Au champ de lave j’aurais voulu baliser ton île

Parce qu’éruptif de vie, de los cantos del deseo[1]

En un enclos maintenant, goulu de ta mémoire fragilisée…

Argile encore ? De la main tenant la tienne, aurai-je l’histoire ?

Une île que tu es, menant à d’anciennes légendes

 

Ne puis-je accoster ce noir, puiser dans l’antienne quelque phare ?

Oui mais c’est le noir que je veux, ce côté luisant qui te fit vibrer

Il est ta fibre et tu le dis, lançant l’idée depuis les persiennes

Rêve qu’il me reste à percer, dans le taudis de liberté qu’est ton chaos

[1] Des chants du désir (esp)

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