Fragment 68 – L’écume au Pouldu
Désir de substance, incendiant juillet
Raid énergique en soulevant ton corps mûr
A ma faim de mendiant, ta couleur amande
Par la substance de ton désir, pur comme impur
Ecume à nos marées, luisance des chaleurs
Agenouillés dans ce juillet à l’anse de l’usure
Une blancheur peut souiller, ce soleil trop douillet
Notre heure arrose cette arrivée au soir
Or il n’est pas un hasard que cet océan et ses voiles
Ingurgite le rose et la foire des lueurs, même des étoiles
Revêtant l’heureux et si grand nom de trou noir
A ton port de l’Est, nous nous écumions. Je n’étais pas coutumier de cette ferveur-là mais ton encre, mon encre, pourtant se réclamaient. Aux clameurs de même pas l’aube je suis parti, à peine avais-tu eu le temps de remettre ta robe. Comme quoi, seul le Jour se soucie que nous soyons vêtus. Ce vécu de ton port de l’Est ricoche, encoche un mois après. Tu décroches ce ciel en passant par la Lune, puis redescends. Voilà tes côtés à nouveau contre moi. Ici à l’Ouest, la côte n’est pas port, seulement quelques plages et falaises. La forme sauvage de ton tatouage pourrait s’y plaire. Nous n’en voyons rien car souplement je te déshabille. La ferveur de nouveau, nous absorbe. Sais-tu que ce lieu se traduit « trou noir » ? Aussi je m’absorbe en toi et toi en ce lieu. Cette ferveur est debout, un mur la soutient. Tu t’emportes, ton encre à l’écho de l’Est. Ton encre a ces coups, a les courbes brunies. Tu t’irises d’un autre soleil, nous suons sous lui. La succion de ton corps fourmille au bout du mien. Ce lieu nous absorbe, comme une impatience pour demain. Tout est à l’envers puisque c’est hier qui nous mena ici. Tu visites mon temps, mon espace, mon désir de tes spasmes. Je ne peux pas m’en empêcher. Alors je te pêche comme une étoile à la ligne, recueillant l’écume et le sel, la blancheur de nos sueurs et de ton désir. Nous nous écumons à nouveau, dans ce trou noir. En lui, en toi, l’encre a son puits.
Désir de substance, incendiant juillet
Raid énergique en soulevant ton corps mûr
A ma faim de mendiant, ta couleur amande
Par la substance de ton désir, pur comme impur
Ecume à nos marées, luisance des chaleurs
Agenouillés dans ce juillet à l’anse de l’usure
Une blancheur peut souiller, ce soleil trop douillet
Notre heure arrose cette arrivée au soir
Or il n’est pas un hasard que cet océan et ses voiles
Ingurgite le rose et la foire des lueurs, même des étoiles
Revêtant l’heureux et si grand nom de trou noir