Fragment 67 – La bête à deux ailes
Dire qu’hier ? Cette nuit ! J’étais…
Retire cette pensée de la soupière !
Au fond je suis ici et ne peut nier qu’elle aussi l’était…
Pendant que j’oscille d’hier à aujourd’hui
Elle, met du faux dans les mouvements qu’elle émet
Aux danses du corps un grossier maquillage
Une douve menant à je ne sais quel surfait
Non pas qu’elle ne couve pas du sincère
Orpaillage oui mais pillage bien involontaire
Il nage sur moi ce corps, comme la mer sur une plage
Railler ? Je peux, mais elle me régale le voyage…
Avec elle l’inconnu, contre elle le confort. Deux ailes de confins bien distincts pourtant, mais il faut faire voler le corps. Le bête adosse, doucement ferait de moi une bête de somme, une forêt de sommeil doucement amenée me ferait une nuit étoilée. Je m’absente un instant en pensées, comme à part de ce drôle d’univers. C’est comme si la nuit ne voulait pas me délaisser. Je l’ai appelée, rappelée, harcelée de vulnérabilités, et la Lune enfin rayonne sur moi. Elle crayonne Orion aussi sûrement, le temps se suspend, à ma ceinture je serre les crans, je lui donne de ma douce rage. La Lune me donne le courage d’aller, d’accueillir, de partir, de ramener, de revenir, partir à nouveau. Elle influe en moi comme sur l’océan à deux pas. Elle s’adosse à moi, m’y colle deux ailes. De quelle mythologie veut-elle me façonner ? Moi j’entends plutôt des histoires de labyrinthe dans ces jours, j’écoute Julio jouer à inverser le monde, faire de moi l’être différent de l’être des mois d’avant. Dans la moiteur de la nuit, la Lune m’affuble de ces deux ailes. Elles se lient à moi, me cherchent au labyrinthe. J’oscille d’un recoin à l’autre, je danse car je ne crains pas l’arrivée d’un Thésée. La nuit m’est un trésor d’apaisement et d’ivresse, des ailes je bats, mes ailes je caresse. Dans les bas-fonds du jour je crains le gangster du roi. Dans les hauts fonds d’une, ou même de deux, j’embrasse l’écrin des rayons, les éclats de mes ailes, dont la peau n’a pas besoin de plume pour y ancrer du désir. Je ne laisse que nos sens s’envoler, nos luisances converger.
Dire qu’hier ? Cette nuit ! J’étais…
Retire cette pensée de la soupière !
Au fond je suis ici et ne peut nier qu’elle aussi l’était…
Pendant que j’oscille d’hier à aujourd’hui
Elle, met du faux dans les mouvements qu’elle émet
Aux danses du corps un grossier maquillage
Une douve menant à je ne sais quel surfait
Non pas qu’elle ne couve pas du sincère
Orpaillage oui mais pillage bien involontaire
Il nage sur moi ce corps, comme la mer sur une plage
Railler ? Je peux, mais elle me régale le voyage…