A l'anarchie du désir

Fragment 66 – Peu importe

Danse, Liberté

Rappelle-toi les ténèbres que nous buvions

Anse où méditer après une longue traversée

Parallèle des mondes, d’un réel qui se zèbre

En des rayures et ratures pénétrées

Au pénétrant avant, profère maintenant

Une parure de toi sur moi, sur mes nerfs irrigués

 

Nouvelle voie, nouvelle voile, à démesure

On retentit en moi, titan électrisé

Il s’y couve les voyages entêtants de l’ogre

Revoilà le Vulnérabilistan, voile levé sur mon œil irisé

 

Au puits je me regarde. Mon ombre occulte. Je me regarde et me sens tomber. L’abandon est une garde comme une autre. Ne mettre d’enjeu à rien est un tout, d’opposé au monde. Maintenant profère peu importe. Qui peut bien trouver une prise à celui qui lui dira : peu importe. Qui ?

La violence est l’étape suivante, l’arme du démuni. Je te frapperai de mots, de moi, de coups physiques et me diras-tu encore : peu importe ? Oui, peu importe. Je me sens tomber dans le puits et du reflet d’ombre que je traverse, j’aperçois déjà d’anciennes contrées. Frappe ! Peu importe ! En bien, en mal, frappe, frappe encore ! Les bras de fer, l’abandon les gagnera tous. Il faut céder. Car c’est ainsi que l’on s’aide le mieux. Mais je ne cèderai pas sous tes frappes. Elles m’enfoncent un peu plus la tête dans le puits, un peu plus loin. Je me noie. Je me noie ? Peu importe.

Je danserai durant cette noyade. Le calvaire regarde aussi au reflet. Il est trop intangible pour plonger me rejoindre, alors je me noie seul. Naïade à ce puits ? Non, personne. Alors frappe et fais-moi descendre. Les ténèbres je les bois, je suis prêt à traverser. Frappe, Liberté, frappe ! Mets-moi des éclairs de coups car d’une pluie découleront des traversées. Frappe ma sottise, rends-moi la monnaie de mes faiblesses, dans l’eau courante qui m’absorbe. Je ne suis qu’un vieux lion qui siestait. Quelle forme me donnes-tu dans ce sommeil ? Peu m’importe l’anse, mon corps pantelant se relèvera. Peu importe car pour de l’ombre je pourrais ici éclairer des reflets. Dans ces contrées je suis un reflux, une rage, je suis un refus de m’en laisser conter.

Peu importe ! Une anse où méditer.

 

Danse, Liberté

Rappelle-toi les ténèbres que nous buvions

Anse où méditer après une longue traversée

Parallèle des mondes, d’un réel qui se zèbre

En des rayures et ratures pénétrées

Au pénétrant avant, profère maintenant

Une parure de toi sur moi, sur mes nerfs irrigués

 

Nouvelle voie, nouvelle voile, à démesure

On retentit en moi, titan électrisé

Il s’y couve les voyages entêtants de l’ogre

Revoilà le Vulnérabilistan, voile levé sur mon œil irisé

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