A l'anarchie du désir

Fragment 62 – Toujours après

Dérive ? Peut-être

Rire un soir sur une rive

Au matin river les yeux sur cet être

Puis par la main lui dire adieu

Et puis parlementer ailleurs, sans mal-être

Ailleurs auquel je n’ai pas à mentir

Un cœur pareil ne peut voir qu’à sa fenêtre

 

Nier pour être amante, et tirailler l’espoir

Omettre ainsi l’autre mais sans être mante

Irreligion non pas indécente mais de confort

Réconfort de centaines de pores sur nos pentes

 

Je saisis ces mois pluvieux. Par la main je rajeunis, par le corps je m’enduis. J’enduis son désir du mien. Du mieux je ne sais pas, mais contre elle je me sens humain. D’une rive à l’autre je fais le fleuve. Sûrement que j’aimerais les unir. Mais d’une rive à l’autre, je ne retrouve pas la même côte, jamais. Alors je m’essaime en mouvements, mécène en immatériel. Je suis les mots, je me regarde, je la regarde. Le miroir me rend différent et la rive se prend à changer. Alors j’arpente ici ou là, léger, les ports dont les océans me laissent naviguer. Le désir joue au drapeau, il fait le fier en haut mais ne servirait à rien sans le bateau. Je saisis ces mois pluvieux, je collecte leur eau, pour abreuver mon sang. J’écris du ciel féminin, je crisse d’une étoile comme un bête orphelin. Je me suis moi-même mis sur ces chemins, comme si après demandait un autre après, alors qu’après ne veut parfois qu’aujourd’hui, maintenant ou même demain. Mais non, j’ai quitté le logis d’un après pour un autre après. Et plutôt qu’un demain, j’en ai choisi deux. J’échouerai dans les deux car à la fenêtre d’après, il n’y a qu’un autre après. Je bas d’une aile et l’autre me rattrape. Je quitte une rive et dérive en moi.

 

Dérive ? Peut-être

Rire un soir sur une rive

Au matin river les yeux sur cet être

Puis par la main lui dire adieu

Et puis parlementer ailleurs, sans mal-être

Ailleurs auquel je n’ai pas à mentir

Un cœur pareil ne peut voir qu’à sa fenêtre

 

Nier pour être amante, et tirailler l’espoir

Omettre ainsi l’autre mais sans être mante

Irreligion non pas indécente mais de confort

Réconfort de centaines de pores sur nos pentes

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