Fragment 60 – L’encre à ta peau
Depuis Thessalonique
Rugit en moi le primaire, gite entre nous l’énergie
Au puits de ta peau, cette encre prime
Pugilat de nos corps dans la sauvagerie
Exténués nous puisons l’immémorial
A la Nuit près des eaux, son apologie
Un logis aux nuées, où nous luisons de désir
Nous logeons en l’autre des tisons vulnérables
Ombre des braises, des prisons du vécu
Instables nous basculons vers la brutalité
Rouant de coups les heures qui nous ont mis à nu
Je ne sais pas qui est cet homme, je le découvre. Je te découvre aussi au fond, la mort oscille en toi bien plus, la faux a su y creuser un sillon. Nous, à la page du soir, nous absorbons plutôt le filon du noir, ce mélange de désir, de nuit et de passé. Sur les quais nous avions l’air d’enfants, sur les bancs, pas beaucoup plus grands. La découverte est ainsi, l’innocence du moment. Et la violence entre nous étincelle : je suis innocent mais nos corps le demandent. Dans ce monde où nos corps jouent aux parallèles, je cajole les cordons de ta peau. Ton corps d’ombre a de l’encre, il mord comme la vie : je lui réponds. Qu’y a-t-il dans cette encre ? La créature en toi ce soir, en nous maintenant. L’écriture de cette forme, sur toi, puise à l’orée du sauvage. Tu n’es pas du genre éploré. Cette encre joue-t-elle à l’absorber ? Ta peine. Pénètre en nous la douceur, la brutalité de la douceur, la torpeur du port, nos pouls qui tapent comme contre un mur. L’encre a ta peau fait des échos, des appâts de formes, comme des appeaux dans mes pores. Je ne sais pas qui est cet homme, il résonne en toi. Je déraisonne et le désir me dit que l’encre… je ne l’entends pas dans nos raffuts. Le désir il claudique… quand l’encre s’immisce ? Non, ce n’est pas ce qu’il a dit. Le désir absorbe dans l’encre, ou est-ce l’inverse ? Moi qui tatoue mille peaux, par mille parcours. Je ne sais pas qui est cet homme, je le découvre aussi. Depuis Thessalonique, je découvre le sort de l’encre. Il chatouille ta peau, il sertit ma main. Il sort tout droit du noir, c’est évident. L’encre absorbe et je m’absorbe en toi. Nous ne cherchons pas l’absolution, ni de grande solution. La collision de nos corps et de ton encre ouvre en moi ce nouveau puits, comme une ivresse en absorbe une autre. Le désir est roi, les chemins des soldats.
Depuis Thessalonique
Rugit en moi le primaire, gite entre nous l’énergie
Au puits de ta peau, cette encre prime
Pugilat de nos corps dans la sauvagerie
Exténués nous puisons l’immémorial
A la Nuit près des eaux, son apologie
Un logis aux nuées, où nous luisons de désir
Nous logeons en l’autre des tisons vulnérables
Ombre des braises, des prisons du vécu
Instables nous basculons vers la brutalité
Rouant de coups les heures qui nous ont mis à nu