Fragment 6 – Au Vivian
Dormir d’un sommeil qui te désire
Réveillé par ton désir de… fumer
« Accompagne-moi » à mon oreille, dans le noir
Pour te veiller je veux bien salir mon rêve entamé
En pagnes d’été nous sortons sur cette campagne endormie
Au tamis de la Nuit, je vois désir et rêve se mélanger
Une campagne a commencé, vers nos corps magnifiques
Nous délaissons la terrasse et ses nocturnes
Oraison par fumées à nos énergies fracassées
Insaisissables nous n’embrasserons que l’or diurne
Résiduelle heure de l’aurore pour un duel parfumé
En imparfaits inconnus, je suis venu te chercher. Des bouchons à la vigne, nous avons roulé. Est-ce cela, remonter le temps ? Dans les allées du potager, les tomates vont pour s’ensommeiller. Crépuscule de l’Est, lourdeur d’un soir d’août, où l’heure tourne, un soir doux : nous nous effleurons, à la recherche des fruits trop mûrs. Nous dînons d’un rien, toi dans ta tenue d’entretien, nous entretenons l’appétit. Nous n’entreprenons rien, que des regards. Le soir se gare sur ta peau, au salon la lumière t’embrasse, moi je n’en fais rien. J’ai là une fée je la salue, par des regards. Le vœu n’est pas bien dur à percer mais je résiste à l’aiguille. Cette bulle est une piste, nous nous courons après. Après, après. Je ne me donne pas de consigne mais au milieu des vignes, je collecte tes visages. Tu les caches maintenant du mieux que tu peux, dans le mirage d’un coussin. D’un coup simple mes yeux te déstabilisent, dis-tu. Ton goût simple me séduit. Mais, après. La nuit avance, elle a vengé la nuit d’avant, du jour et des travaux navrants. La nuit avance, je te prête des vêtements. Je joue à l’envers de mon désir : pour dormir je t’habille. En éveil dans tes visages, je ne dénude rien, que tes paroles, ta voix. Après. Dans ton visage je m’allonge, mais je n’avance même pas une bouche. Près de toi je m’endors, inconnue, ce corps à corps m’est inédit et sans corps nu. La nuit est avancée sûrement. Dans la demeure et les vignes et le noir, tu t’inventes d’avoir peur pour me réveiller, tu t’inventes l’envie d’aller fumer. Je sors du rêve pour y ré-entrer. Au radar je t’emmène, dans ce faux hasard que tu veux tenter. Sur la terrasse je doute de l’instant, je ferme les yeux dans ta fumée. Ma pensée est embuée de toi. Sur la terrasse la chaleur est douce, la lumière s’éteint, s’allume. Après. Nous faisons craquer les parquets, mais sans céder. Après. Dans le noir au bras d’un inconnu, dans le noir et dans les vignes, tu t’endors. Mon désir te dévore, mon corps n’en fait rien. Après. Je sinue dans ton parfum, m’endors aussi. Nus toujours pas. Après. A l’aube ? Après.
Dormir d’un sommeil qui te désire
Réveillé par ton désir de… fumer
« Accompagne-moi » à mon oreille, dans le noir
Pour te veiller je veux bien salir mon rêve entamé
En pagnes d’été nous sortons sur cette campagne endormie
Au tamis de la Nuit, je vois désir et rêve se mélanger
Une campagne a commencé, vers nos corps magnifiques
Nous délaissons la terrasse et ses nocturnes
Oraison par fumées à nos énergies fracassées
Insaisissables nous n’embrasserons que l’or diurne
Résiduelle heure de l’aurore pour un duel parfumé