A l'anarchie du désir

Fragment 58 – Fil

Depuis les hauts, les hauteurs de l’heure tardive

Réappuyant sur lecture, la fenêtre ouverte fait festival

Aller à la nuit ainsi, au fleuret des sons, des ferveurs invasives

Peut-être est-ce un puits de plus

En orient roussi d’usure, s’effleurent les airs de pluies dérivatives

Aires non encore captives, de ces fleuves qui susurrent

Une foule ici retentit, entre nous les feux rient, captant nos mouvements

 

Nous entrons dans la féérie du rêve, entre en nous ce fleuve

On y rencontre un futur de soirs, d’histoires érigées à l’oreiller

Inégalable contre aux usuriers du quotidien, la preuve :

Retentira souvent le soir, le vent distrayant de ce mois égayé

 

Le balcon avale la musique comme un amont pas encore endormi. Nous amants nous rentrons, sans qu’il soit question de dormir. Sous cet août et les lampions de ton lit, les fleuves sont à notre sang, ces fleuves nous portent presqu’innocents. La foule acclame au loin et avalise l’idée. J’idéalise peut-être mais je me plais à le penser, que tu es la plèbe de mes jours, la matrice de mes nuits, cantatrice de nos soufflés hébétés. Et bien tard nous affluons au noir, la fenêtre effleure les sons qui montent, grinçante de la brise, accompagnante enthousiaste à la musique estivale. Celle-ci traverse en jouant cet appartement du port, déportant les heurts et tristesse vers ailleurs, ailleurs où le vert de tes yeux est or ou argent, certainement pas tort ou tyran. Nous attirons à nous la ferveur de la foule, traversés par l’énergie d’une nuit. Ces hauts d’une nuit nous mèneront à d’autres joies et réunions. Et l’union de nous ne fait de doute qu’aux soirs de peu d’écoute. A la musique ces soirs, tu recours, notes éparses comme cherchant à réparer l’unique que tu aurais abimé, l’unicité de nos dualités. Et par là s’entend l’âme d’août et moins les lames du doute, puis davantage la lenteur de ton corps sur le mien, la chaleur du mien dans le tien. Amour tu maintiens l’état de guerre tout en agitant le drapeau blanc de ta peau non halée. Ne veux-tu pas traverser ces fleuves ensemble, et garder de nous cette île ? Je ne pense plus à Gardel ni à ses nuits, elles sont gardées là au fond, oui, mais pour nourrir les morceaux à unir. Ceux de ce festival de nous. Toi et moi intercédons. A la faveur de ces joies, façonnons, agençons la vapeur de ces soirs pour habiller un puits. Déshabillons-nous encore et plongeons, je t’invite en moi.

 

Depuis les hauts, les hauteurs de l’heure tardive

Réappuyant sur lecture, la fenêtre ouverte fait festival

Aller à la nuit ainsi, au fleuret des sons, des ferveurs invasives

Peut-être est-ce un puits de plus

En orient roussi d’usure, s’effleurent les airs de pluies dérivatives

Aires non encore captives, de ces fleuves qui susurrent

Une foule ici retentit, entre nous les feux rient, captant nos mouvements

 

Nous entrons dans la féérie du rêve, entre en nous ce fleuve

On y rencontre un futur de soirs, d’histoires érigées à l’oreiller

Inégalable contre aux usuriers du quotidien, la preuve :

Retentira souvent le soir, le vent distrayant de ce mois égayé

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