A l'anarchie du désir

Fragment 56 – Vulnérables

Dans les bras de notre aube, nous chérissons la nuit

Résidu de nous dans les bascules de l’horizon

Anse ébahie du jour, nous y hissons le désir

Paisible pavillon dans les ombres des hauts fonds

Elégance inouïe de nos bassesses, dont nous frémissons

Aube dont nous nous habillons : la nudité du plaisir

Une errance infinie que ce passage à l’unisson

 

Nous revenons d’un au-delà : l’entrelac de nos corps

On en est revenant, et vivant, mais pas revenu

Il se peut que ce venin fonde encore en nous, en lettres d’or

Reprenant nos pouls comme on coud un espoir apparu

 

La mer brasse au loin, et à l’unisson nous sommes. Résidus de sel au bout de mes doigts, mes doigts ont caressé tes larmes. En « ici-bas » oui, ces nuits se doivent de finir mais permets-nous d’y revenir, à l’infini. Le pavillon de nos ombres est perméable au jour. Perméable oui, seulement pour accéder plus souplement au vulnérable. Au bout de la nuit, je te déshabillerai encore, pour sentir les effluves de nos étoiles. Et toi le corps fendu, feras des volutes noires de ces effluves : le désir ne peut s’assagir. Passagers voire revenants du jour, de la lutte, nous reviendrons au bord du lac. Et son eau vibrera, chauffera, de nous voir revenir sur ses rives. Son eau sortira de son lit pour fondre dans nos sangs. Ainsi ce soir encore, nous nous confondrons.

 

Dans les bras de notre aube, nous chérissons la nuit

Résidu de nous dans les bascules de l’horizon

Anse ébahie du jour, nous y hissons le désir

Paisible pavillon dans les ombres des hauts fonds

Elégance inouïe de nos bassesses, dont nous frémissons

Aube dont nous nous habillons : la nudité du plaisir

Une errance infinie que ce passage à l’unisson

 

Nous revenons d’un au-delà : l’entrelac de nos corps

On en est revenant, et vivant, mais pas revenu

Il se peut que ce venin fonde encore en nous, en lettres d’or

Reprenant nos pouls comme on coud un espoir apparu

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