Fragment 55 – Nécessité
Dites-lui que vous refusez le monde
Réduit qu’il est, à la morale mal infusée
A la ruser sans cesse on s’use, et tout est redondant
Petitesse des mots face à l’insignifiance des réalités
Et alité l’on s’endort sur les démons dormants
A les ruser sous sève de rêve, éternel fiancé
Une fumée dans l’ondée invisible
Nous savons la mort là, éternelle fiancée
On la sait là mais l’on ne mord pas pour autant
Il faut le dire : à tort, dans l’existentiel désir
Retors que l’on est, à se nier en obéissant
Je me souviens du libre, et m’en fais un drapeau. Il me délivre des délires du jour. Caressé par le vent, cabossé par les coups, mon sang lève au claquement, comme un mourant rêve du pain existentiel. Il existe sous ce ciel de quoi me nourrir. Elle, sait m’élever comme une flamme léchant le septième. A la Centaine d’amours je tends parfois, puis me tempère par trop. Elle, sait m’enlever le foie comme un oiseau de proie. Qu’importe le gras, la grosseur de mes libertés peut se régénérer. Je pense aux heures où elle n’était pas, où je n’étais pas, quand je ne tendais à rien : nous étions. Une somme de reflets, une ombre, une aube, un sommeil de rêves, une somme d’énergies. Nous étions, nous sommes, nous ne tendions qu’à faire émerger le feu. Dans le volcan de nos réunions, du quatrième au septième, du trou noir à la naissance de notre étoile. Nous sommes le désir, une union volcanique, et donc cyclique. Le drapeau claque au vent et dans le repos des jours, un certain clapot m’ennuie. Je veux nous enduire de nuit, alors à la faveur du passé je pare nos reflets de quelques artifices. Dans l’ombre il est possible de désobéir à nos regards, de faire infuser le visage de toi pour lequel aucune ruse n’était nécessaire. Les nécessités sont meurtrières.
Dites-lui que vous refusez le monde
Réduit qu’il est, à la morale mal infusée
A la ruser sans cesse on s’use, et tout est redondant
Petitesse des mots face à l’insignifiance des réalités
Et alité l’on s’endort sur les démons dormants
A les ruser sous sève de rêve, éternel fiancé
Une fumée dans l’ondée invisible
Nous savons la mort là, éternelle fiancée
On la sait là mais l’on ne mord pas pour autant
Il faut le dire : à tort, dans l’existentiel désir
Retors que l’on est, à se nier en obéissant