A l'anarchie du désir

Fragment 53 – Amer

Danse de nuit, aux heures éblouies de rêve

Rêve dont le sommeil s’enfuit sous des éboulis de vrai

A l’oreille du rêveur, on somme de faire léviter

Pareil ordre est enfoui sous des étourdissements sournois et laids

En bête de somme sentant s’amonceler le devoir, on s’évite

A l’éblouissement il faut tendre, et tendre l’être avec nos plaies

Un jour plein de semonces laissera place au pouvoir du noir

 

Nous revenons à la nuit comme des revenants bannis

Ombres bannies du jour par mille ennuis de rien

« Indigne » on se dit, on se dédit, comme contrevenants de nos vies

Réanimé par la nuit on peut y puiser comme en une vigne

                                                                               le sens à nos liens

 

Je ne compte plus ces matins qui déchirent mon sommeil. Il n’est pas que le rêve d’une femme, il est rêve qui fane. Je n’aime pas le parallèle de ces mots, mais l’amertume de ces univers, l’un de nuit, l’un de jour, l’un de légèreté, l’autre de lourdeur, m’écrase. Amargo de pesanteur alors qu’en dansant ensemble, nous savions fuir ces inerties. Nous avions ce savant mot qui s’oublie parfois si vite : amour. Non, il ne fait que croire qu’on l’oublie, par froid d’enfer : par feux d’empressements. Ce savant mot soupire encore parfois, d’ailleurs, mais la grande soupière et son cuisinier peu fier s’affairent, s’affairent. Les affaires de la modernité, voyez. Alors vers ailleurs l’amour veut louvoyer, cherchant l’ombre capable de l’incarner. Amargo de pesanteur, mais tout n’est pas fardeau, parfois un phare au loin… Au loin ailleurs aussi, l’ombre peut luire. Les puits se missionnent et dans le sombre, communiquent. Des missives inconscientes parcourent des genres de contrées. Contrées de vulnérable et d’épuisement, sultanat d’autrefois, d’un conte éparpillé dans le passé. Il n’est pas d’ombre capable de l’incarner, car mon amour ne va qu’à toi, puisqu’il est né de toi. Il n’y a pas de vacation pour ces choses-là. Simplement je vois en rêve de l’autrefois, d’autres joies que j’aurais vécues, mais sans regret ou volonté de les vivre à nouveau : je ne les ai jamais vécues. Ecumant le rêve je tremble de désir et puis je meurs ici, tout me devient écumeux. Je me réveille et tremble d’inertie. Etrange ombre bannie.

 

Danse de nuit, aux heures éblouies de rêve

Rêve dont le sommeil s’enfuit sous des éboulis de vrai

A l’oreille du rêveur, on somme de faire léviter

Pareil ordre est enfoui sous des étourdissements sournois et laids

En bête de somme sentant s’amonceler le devoir, on s’évite

A l’éblouissement il faut tendre, et tendre l’être avec nos plaies

Un jour plein de semonces laissera place au pouvoir du noir

 

Nous revenons à la nuit comme des revenants bannis

Ombres bannies du jour par mille ennuis de rien

« Indigne » on se dit, on se dédit, comme contrevenants de nos vies

Réanimé par la nuit on peut y puiser comme en une vigne

                                                                               le sens à nos liens

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