Fragment 50 – A la recherche de cette perle
Dis-moi pourquoi, pourquoi les femmes…
Règnent ici pour toute loi, toute anarchie ?
A la peau noire du rêve, la trame de toute chose
Petit à petit se greffe le sens de ma vie
En apologies je fais du vacarme sourd
Appétit de petits pas dans le passé : l’essence d’ici
Un logis au futur, ce présent à établir
N’ai-je pas cent fois essayé de m’en départir, de ces doigts ?
Oui de ces doigts de fée, qui se sont frayés un chemin en moi
Il y a la puissance sans pareil de ces passantes
Revenantes pleines de luisance, provenant toujours d’un autre ailleurs
Et naître ailleurs : ici, maintenant. Me voilà à madrugar, pour regarnir ton ventre. Je l’aimerais d’enfant, nous n’en ferons rien, aujourd’hui. Alors en petit littéraire qui s’évite, je plonge dans ce matin à défaut de replonger, je plonge à la recherche de la perle. Peut-être un peu de malt encore d’hier, encordé à des hier de rêves, des brèves fièrement rapportées de l’au-delà : encore d’elles. Dans mon plongeon du matin je te quitte avant que tu ne partes, et je descends, descends. Non ne t’inquiète pas, nous nous retrouverons. D’ailleurs, c’est toi qui reviendras ce midi, ayant dispensé tes remèdes de poisons, dépensé ton énergie à foison. Les pensées de ta robe je les cueillerai alors. Mais pour l’heure je descends, descends, nos étages de vie. Je fais étalage d’yeux vitreux à nos vieilles voisines et serine des bonjours d’officine. Je me fais officier de l’ivresse en ce matin, et commets des méfaits de sourires. A ces dames des étages, je ne jouerai pas, le plateau n’est plus de mon âge. Mais dans les étals plus bas, plus loin, à la recherche de la perle je me sens répondre à l’appel d’un visage. Je poursuis le désir dans des allées de cabans et de caniches, dans des halles ridées, bridées d’agitation : autant dire que je me serai trompé d’endroit. Sauf qu’il est comme une accalmie près de cet étal central. Elle m’a, elle, accroché d’un sourire et en officier de l’ivresse je lui en décoche sûrement deux voire trois, puisque je vois encore double si ce n’est triple : de moi, de rêve et d’alcool. Les ivresses sévissent en un triptyque, auquel s’ajoute cette femme. Je n’ose pas lui dire que j’ai plongé ce matin, à la recherche de la perle. Si elle l’avait dans ses bivalves, sûrement qu’elle ne m’en dirait rien. Elle sait que le manque est l’ivresse de l’attention, la banque aux tensions de sang. Il y a longtemps que je ne sais plus jouer aux dames alors bientôt je me barre, sans avoir caressé le vœu d’être roublard. Je me sens juste un peu trouble de cette histoire d’un bonjour, d’un sourire, d’une courbe penchée, d’une hanche bien pensée par je ne sais quel génie de mouvement. J’ai des séquelles de désir et si la perle m’échappe toujours, à midi je soulèverai cette chappe d’inertie pour t’étreindre avec aplomb. Ainsi perlent sur toi, mon rêve et le réel.
Dis-moi pourquoi, pourquoi les femmes…
Règnent ici pour toute loi, toute anarchie ?
A la peau noire du rêve, la trame de toute chose
Petit à petit se greffe le sens de ma vie
En apologies je fais du vacarme sourd
Appétit de petits pas dans le passé : l’essence d’ici
Un logis au futur, ce présent à établir
N’ai-je pas cent fois essayé de m’en départir, de ces doigts ?
Oui de ces doigts de fée, qui se sont frayés un chemin en moi
Il y a la puissance sans pareil de ces passantes
Revenantes pleines de luisance, provenant toujours d’un autre ailleurs