Fragment 49 – La toile
Dire que j’hésite, oui…
Revenir si souvent à moins d’un coup de vent de toi
Au bout du temps ne pas faire le pas, pourtant
Pas qui me paralyse par plus d’un « et si ? »
Et si soudain tout s’effondrait en moi ?
Au fond je m’enlise car cela m’est important
Un mur porteur, que ce souffle de nos nuits
Nuire : à mon encre, à ton souvenir, au mien de toi
Ouvrir à nouveau l’avenir, c’est risquer un passé
Investir un temps neuf sous le vernis de nouvelles lois
Ravir les couleurs ou raviver le feu embusqué
Rompre avec la noirceur ? Rompre avec le noir du passé, c’est un risque que je cours. Je cavale comme un côtoyeur, un assoiffé de vie et de nuit, qui ne sait plus prendre le large. Une vie n’a rien d’étanche : tout est un puits, tout communique. Le ciel des nuits est plein de torches. Je cherche par le mouvement, je pêche les joies dans mon Orient. Les reflets de l’aube m’y ankylosent, mi-lent, mi-empressé je n’ose plus être : c’est-à-dire que j’ai désappris comment désirer. Des soirs s’irisent où je longe certains lieux. Comme si apercevoir le noir de tes cheveux pouvait me réenduire de désir. Allons. A l’ombre du passé je peux me nourrir, mais c’est bien l’onde du présent que je veux dévorer. De vos rêves ne faites pas des cimetières. Les cimes d’hier sont des fonds insoupçonnés, que seuls des puits nouveaux savent relier. Car tout communique, le ciel est une femme, le sol un enfer. Ses yeux sont des millions d’étoiles, la toile de mygale inoffensive à qui sait susurrer désir, aux morsures de l’inconnu. Si un jour je meurs, peut-être saurai-je ce qu’il y a sous terre. Pour l’heure, je m’en remets aux parois de mes puits, qui parlementent pour choisir où ma volonté saura atterrir. Au parloir de la prison, je risque un peu d’encre : j’en remue les tisons, et les flammes me répondent un écho. Le ciel est une femme, et vos yeux me le disaient.
Dire que j’hésite, oui…
Revenir si souvent à moins d’un coup de vent de toi
Au bout du temps ne pas faire le pas, pourtant
Pas qui me paralyse par plus d’un « et si ? »
Et si soudain tout s’effondrait en moi ?
Au fond je m’enlise car cela m’est important
Un mur porteur, que ce souffle de nos nuits
Nuire : à mon encre, à ton souvenir, au mien de toi
Ouvrir à nouveau l’avenir, c’est risquer un passé
Investir un temps neuf sous le vernis de nouvelles lois
Ravir les couleurs ou raviver le feu embusqué