Fragment 46 – Le démon de la démonstration
Dans des draps d’hier, l’aura d’un renouveau
Renouant avec elle, au ras des fatigues
Au bout d’envolées, desquelles je me dis presque « trop »
Peau dont l’envol est comme mécanique
Elle veut prouver à l’homme, commettant le faux
Au lit comme mettant l’anneau par gymnastique
Un désir de couver, rendant clinique le beau
Non, l’aura des draps d’hier ne dira rien
Oui c’est tirer vers le cynique si… insincère
Insincère comme une étreinte lasse et délavée
Reins traînants de cette passe que j’offre pour ne pas déplaire
Oui, drôle de gymnastique. Je ne mens pas : je ne le dis pas. Je ne suis insincère qu’aux mots, car je serre nos moments de la même âme. Du moins j’essaie. Car toi… tu te balances sur moi, comme en démonstration. Je n’ai pas ce démon, tu sais, du stupre pour le stupre. Je n’aime pas ce démon, non plus, de l’anneau qui ne veut qu’enfiler. En file, tes mouvements m’absorbent et me rendent. De tout ton corps tu mets ton équilibre au-dessus. Ta petite bouche me parle, je n’entends rien. Je n’entends rien à ce moment, dont j’ai pourtant désiré l’aura depuis que je t’ai vue. Une peau parfaite et la rousseur d’une lionne. Attachée à mes yeux dans cette pièce, ce haut saillant d’une pièce à ta taille et tes seins, ces rayures de bleu sur un blanc qui me pointait. De fines secondes que la Providence aiguise bien en amont. A l’aura de ce moment je repense, je m’en densifie. Toi tu danses sur moi : je suis figé comme interdit, car mon désir me dit ne pas être ça. Combien me paieras-tu pour cette passe ? Quand bien même pas un radis, je m’en foutrais. Hier j’étais le vin, le vent dans ses reins, la levée des draps vers la relève du matin. J’étais imparfait, de très loin, mais j’étais humain. Je lui donnais ma main d’homme, elle me rendait ma guitare. Elle me donnait sa main de femme et je lui livrais de moi une part. Quelle prestation délivrons-nous ce soir ? Cette mécanique n’a rien d’humain, ni rien d’unique. De mon oratoire je me penche sur toi, mon aura tarde à venir car au fond, je préfèrerais dormir. Elle ne viendra pas et dormira. Je veux dormir, fais ce que tu veux de moi. Je veux dormir et retrouver son parfum dans les draps. Je m’endors, fais ce que tu veux de moi. Cette gymnastique ne m’intéresse pas.
Dans des draps d’hier, l’aura d’un renouveau
Renouant avec elle, au ras des fatigues
Au bout d’envolées, desquelles je me dis presque « trop »
Peau dont l’envol est comme mécanique
Elle veut prouver à l’homme, commettant le faux
Au lit comme mettant l’anneau par gymnastique
Un désir de couver, rendant clinique le beau
Non, l’aura des draps d’hier ne dira rien
Oui c’est tirer vers le cynique si… insincère
Insincère comme une étreinte lasse et délavée
Reins traînants de cette passe que j’offre pour ne pas déplaire