Fragment 45 – Le délire de la crainte
De loin, le monde parallèle
Refrain de comme une onde au-dedans
Au fond des jours de plomb, s’allaite un rêve
Plus de frein, homme, on demande ton sang
En des profondeurs où le soleil se lève
Amalgamation des rondeurs du sommeil vibrant
Un ailleurs dans la sève, là où veille ta relève
Naît la vague et je vogue sur la rivière
Où je vais je n’en sais qu’une intuition
Invincible errance, d’un vagabond d’éphémères
Rit densément le vent, dans mes rides argentées
L’onde a les lueurs de l’argent, l’on a des mots bien agencés et d’humeurs poétiques, l’onde et la lueur, l’ondée de délire que délivre le monde immergé : sommeil.
Eveil au passé, aux passions présentes, au brûlant sapé, aux froideurs saupoudrées. Au passé une joie peut se faire poison, comme une rivière qui s’écoule, s’écoule et fait au poisson des moules de mort, des houles d’argent. La rivière de ces sommeils a le don d’égrainer de tout, maîtresse des poisons. Amour, tes yeux verts prennent l’accent, le rire après nous s’entend, les spasmes nous englobent. Et les spasmes de rire, dans le noir se font sanglots. Je ne sais plus ce qu’ils sont, ils fondent, mon visage séquence et se secoue. Sous le coup de nous, sous les coups de toi, d’étoiles d’humeur sensuelle ou d’étoiles aux rituels de colère. Elles font constellation, s’agglomèrent en un titan. Moi petit ogre je fais face à ce gros temps. Je ris je pleure, mon sang glapit. Des quintes de désir, de toi, de nous. Titan de colère, des quintes de toi. Tu m’esquintes quand j’escomptais de toi de la tendresse, des quintes de rire.
Petit ogre sache que quand on escompte un geste du désir, il n’est déjà plus désir, parti, il est un entrelacs d’attendus et de crainte. Le désir ne s’apprivoise pas, il te surprend. Le titan de colère s’allonge, s’endort. Le volcan éphémère s’est répandu, nous nous sommes répondus au corps à corps. Mon corset se relâche, mes tensions se libèrent, et les spasmes à nouveau. Je masque par l’obscurité, je brode des mots pour que tu ne t’aperçoives pas des étoiles en lutte. Tu m’as trouvé dans un trou noir, et tes humeurs réprouvées sont tout ce qu’il doit aspirer. L’amour veut virevolter, non pas demeurer. Cauchemars survoltés d’un vagabond vulnérable. Pléonasme du rêve et du réel, des sueurs et de la peur de l’ogre, et du lapereau. De toi et mon amour.
De loin, le monde parallèle
Refrain de comme une onde au-dedans
Au fond des jours de plomb, s’allaite un rêve
Plus de frein, homme, on demande ton sang
En des profondeurs où le soleil se lève
Amalgamation des rondeurs du sommeil vibrant
Un ailleurs dans la sève, là où veille ta relève
Naît la vague et je vogue sur la rivière
Où je vais je n’en sais qu’une intuition
Invincible errance, d’un vagabond d’éphémères
Rit densément le vent, dans mes rides argentées