A l'anarchie du désir

Fragment 44 – La femme qui fume

Dès l’entrée, en scène nos désirs

Répétition de ces retours après l’absence

Précision concourant à te faire t’envoler

En volées de plaisir, de répliques arrimées

Assise sans loi, modélisant la noirceur de la nuit

Un à-pic retourné, sur ce volcan élisant ses vapeurs

 

Nous piquons de brut à deux pas de l’église

Où est le mal, dans les gisements de ce feu ?

Inquisition aux pâleurs : il est l’heure de se griser

Répétition de nos répliques, d’un théâtral heurt fanatique

 

Ces vendredis soir, je roule en sens contraire : à l’Est. Exigence de tes scènes, à l’heure où le véritable m’est encore inconnu. Ces vendredis, j’entre comme ce soir. A l’entrée là où le vent m’amène de ta fumée. J’ai toujours été fasciné par la femme qui fume, sans pouvoir dire pourquoi. Le goût de sale au moment de se découvrir ? Le tabac froid dégoulinant d’un étrange désir. Tu es là, alanguie dans un fauteuil. Du coin de l’œil tu me regardes, de cet air d’affectante. A peine entré, l’impulsion te lève et te voilà à moi. Le théâtre aura son heure et ta fausse aura aussi. Mais là dans l’attrait le feu retentit du crépitement. Dans son âtre il veut. La porte claque et déjà l’assise des laves, déjà les lèvres accolées. De ces collines que sont tes reins, tu amendes tes faussetés. Du sous-terrain l’inconscient veut jaillir, à tout moment être dérangé comme par un passant sur la rue. C’est une ruée de nuit, un éclat de brûlure collecté dans un puits. Appuyés l’un contre l’autre, nous n’aurions que faire des huées : le spectateur n’a pas payé. Nous nous tenons maintenant la main et saluons, dévalant les laves de tes courbes maintes fois caressées. Asséné ton désir me tient, et de ces fumées je ne sais plus partir, attiré par trop de scènes semblables.

 

Dès l’entrée, en scène nos désirs

Répétition de ces retours après l’absence

Précision concourant à te faire t’envoler

En volées de plaisir, de répliques arrimées

Assise sans loi, modélisant la noirceur de la nuit

Un à-pic retourné, sur ce volcan élisant ses vapeurs

 

Nous piquons de brut à deux pas de l’église

Où est le mal, dans les gisements de ce feu ?

Inquisition aux pâleurs : il est l’heure de se griser

Répétition de nos répliques, d’un théâtral heurt fanatique

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