A l'anarchie du désir

Fragment 43 – Amalgamation

D’un rire j’amalgame l’argent

Rire né de tes hanches, de l’agencement de la nuit

Alma, rire, amor, rire

Puis tu t’épanches en fer, enfantant l’après

Espace que je revois me dire, ton sexe de velours

Aux vents du temps l’on m’entend me le faire redire

Une pluie de coups que je bois, à m’en raidir

 

Neuf de J. neuf de vieux, je sens l’amalgamation s’en fendre

Ou s’enlaidir, donnant naissance aux bruits de coups, là retentissants

Intraitables couloirs de Providence, alma si on se disait prêt ?

Rire vers le sang était désir, désir par ces ans, paralysé

 

En durée d’homme, cela paraît année. En temps de providence, tout juste des secondes. Un temps précède, un autre seconde, préceptes du précédent que le suivant suit, comme conduit par les rivières de la grande Nuit. Dans ce tourbillon mon désir est minerai. Je ne fais carrière de rien, je me contente de creuser des puits. Je ne joue pas au Tityre justement : ma volonté va vers toi. Je pars pour le désir de revenir, je vous laisser elle et toi, je vous retrouve, les étoiles me couvent. Au tourbillon je traverse une rivière d’argent, il monte en moi la spirale d’une joie : celle de celui qui est prêt à tout. Je suis semi, pleine lune à moitié. Car on n’en voit jamais qu’une face. Je sème au long de la 9 de Julio, on s’aime sans trop forcer ces mots. Les intentions se perçoivent, jusqu’à ce que mutuellement on se déçoive. Tu as d’autres comptes à régler, au-delà de notre suave. La rivière d’argent nous amalgame, je chemine avec lenteur et presque peu d’espoir, mais la spirale de cette joie, encore. Au corps je me rends, je ris avec toi, car le désir mène au rire. Le mercantile y mène aussi, les marchands de morales. Là aussi tes mots forcissent. L’hymen, le marquent-ils ? Oui. La rivière de la grande Nuit se fige. Je recompose des providences en retrouvant ce reflet : enfant, mettons presque garçon, j’ai fait ce même rêve souvent. Au crépuscule, homme, je veillais une enfant, et dans un monde où tout était à recommencer, un monde nouveau réduit au primaire de l’ancien, je te la ramenais, nous roulions vers le couchant. Elle avait les cheveux blonds. Tout juste des secondes, n’est-ce pas ? A la nuit je pose ma main sur ton ventre. Mais la rivière de la grande Nuit est figée, le vide s’est érigé autour. J’ai soumis mon désir à l’amalgamation des providences. Du va et vient de ces quelques secondes je retire des pulsions de rire, de mort, de vie, de joies. De tout ça à la fois. Je ne retiens rien car on ne retient pas une rivière. On y plonge, on s’immerge, on s’y noie, on en renaît. Je suis un enfant du désir, à lui je m’en remets. Le remède est de rire et de légèreté, amalgame d’enfance et de toi. Je suis un enfant du désir et à la nuit, je m’en remets. Par les rivières de quelques secondes, où encore te rejoindrai-je ?

 

D’un rire j’amalgame l’argent

Rire né de tes hanches, de l’agencement de la nuit

Alma, rire, amor, rire

Puis tu t’épanches en fer, enfantant l’après

Espace que je revois me dire, ton sexe de velours

Aux vents du temps l’on m’entend me le faire redire

Une pluie de coups que je bois, à m’en raidir

 

Neuf de J. neuf de vieux, je sens l’amalgamation s’en fendre

Ou s’enlaidir, donnant naissance aux bruits de coups, là retentissants

Intraitables couloirs de Providence, alma si on se disait prêt ?

Rire vers le sang était désir, désir par ces ans, paralysé

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