Fragment 42 – Le refuge
Déraisonnable roulis de ces mois d’oubli, de vagues intraitables
Refuge, s’il vous plaît ! Pour ce façonnable fouillis
Aux vivants il faut un doux lit aussi, à leurs plaies, du temps
Pour l’indulgence après l’inarrêtable violence
En belles gelées j’entre, sentant le foyer pour ma fable
Au Vivian les flots de flou, de sable, s’entendent dire mélodie
Un Beaujolais : antre dont les habitants donnent à vivre
Noirs rejets de vie, de mort : du vulnérable j’ai
On devinerait de la folie dans mes mots, au désir, des forêts d’ouverture
Instable îlot de ratures je vais, couvé du discret regards d’étoiles
Ratures et hagards où vais-je ? aux vergers d’éreintants succèdera l’étreinte
Au début j’y vais, sans bien savoir que j’y vais pour aller. Au déluge il est temps de dire giboulés. Je déboule ici de mon Trou noir de l’Ouest. Pas de traquenard ici, mars m’initie aux bûches, et salades d’endives. Rien de tel que ce que l’on croit futile pour balader le réel. Auréolé de plus grand-chose, enfin je descends dans l’arène. Libro de arena [1]que j’ouvre en avance sur le réel : du sable de temps, encore un futile dont me saupoudrent les étoiles. Les jugements inutiles sont ici bannis : crois en toi, agis et tu noirciras ainsi ta bannière. Certains soirs où je pourrais cirer mon ennui, non, il y a à brutaliser les coteaux et nos souffles. La vie m’initie à la vie, le vide est une vigne insoupçonnée. Un soupçon d’envie de voir, et certains autres soirs je vais, pour aller. Je rugis de vulnérable dans une ville me disant d’arrêter de miauler. Au boulot l’on est médisants d’au milieu des forêts de panneaux. Moi louveteau je ne l’ouvre pas trop, sauf auprès d’une plus jeune louve encore. Il faudra louvoyer encore, dans de l’espoir et des déceptions. Ces mots ne sont pas l’histoire d’un soir mais de dizaines de soirs, où des étoiles ravies de vivre tolèrent mes errances. Leur tonnerre me rafistole, je prends appui sur la pluie. Mon corps dégouline de toxines dont certaines, à l’air, se bonifient. Rien de nouveau dans les vignes, ou peut-être que si. De soir en soir je flâne, je m’annule, je fane, je renais, auprès d’étoiles printanières. Au près ma bannière se gonfle un peu. Depuis ces prés et ma tanière, je m’arrime à la vision de mon ciel, puis au bras d’elle, pour d’autres providentielles.
Déraisonnable roulis de ces mois d’oubli, de vagues intraitables
Refuge, s’il vous plaît ! Pour ce façonnable fouillis
Aux vivants il faut un doux lit aussi, à leurs plaies, du temps
Pour l’indulgence après l’inarrêtable violence
En belles gelées j’entre, sentant le foyer pour ma fable
Au Vivian les flots de flou, de sable, s’entendent dire mélodie
Un Beaujolais : antre dont les habitants donnent à vivre
Noirs rejets de vie, de mort : du vulnérable j’ai
On devinerait de la folie dans mes mots, au désir, des forêts d’ouverture
Instable îlot de ratures je vais, couvé du discret regards d’étoiles
Ratures et hagards où vais-je ? aux vergers d’éreintants succèdera l’étreinte
[1] Livre de sable, JLB.