A l'anarchie du désir

Fragment 40 – La conscience de l’espoir

Drôle de vide à démystifier

Reste qu’il n’y a qu’à soi à qui se fier

A l’anarchie des jours, jouer à se ficher… des jours

Pendant qu’au vide on veut s’identifier

Être avachi et lourd on s’est levé pour crier

Au-dedans tout s’est mu mais le monde s’en fout

Une onde apeurée a passé, a crevé

 

Nouvel écho du vide, divulgué par soi

On parsème nos flots de temps par de livides choses

Instants ne valant pas un chrysanthème

Rempart semé : seconde quand tout s’irise à hautes doses

 

De la ville la plus à l’Ouest, je crie. M’entendra-t-on sur la rivière d’argent ? A l’Est on me répond, d’arrêter de miauler. Je rugis à nouveau, l’océan ne répond rien. J’espère l’amalgamation du cri par les vagues, et d’un vacarme de crissements. Il viendrait du Rio. L’argent là-bas se dit rivière. Rivière, rivière, sais-tu ? Est-ce sur tes rives que j’ai égaré mon désir ? Je cherche des monts et merveilles d’ivresses. Des mois et des mois que je cours après ce foutu mot, mot cousu de fil noir sur son drapeau. D’où l’introuvable. Des monts en bord de mer, je n’aurais qu’à amalgamer : des fosses, des gouffres, des creux. Des failles. Féminines. Un peu de mercure pour faire macérer le message. Serrer fort ma pensée, comme un vœu qui file, comme une étoile que je ne vois plus. Une onde apeurée a passé, a crevé. Les remparts semés dans la ville, j’y fais de livides choses et le lit-vide est froid. Le chaud lisse d’une peau, où est-il ? Mon désir doit l’inventer, mais l’inventeur a pris des vacances. Rivière, rivière, sais-tu où je l’ai mis ? Le pont pas loin frémit du jour, une eau lui traverse les jambes. Il a de Loire le nom et l’art de ne pas le dire. Au loin je fonds du regard. Où l’ai-je mis, où l’ai-je mis ? Je me veux léger mais mon encre gémit. Pas étonnant que la rivière me dise de taire. Or moi je regarde vers la mer et le nouvel écho de vide. Je crie sur ce pont, le silence me répond. Je joue à me ficher des jours, dans l’anarchie des jours. Parce que plus tu cherches et moins tu trouves. Alors je ne cherche pas plus loin que mes regards au loin. Je ne trouve donc rien, Tityre de l’Ouest. Le loin me titille bien, mais le monde s’en fout. Il a bien raison. Mon onde se renfloue sûrement, elle surgira incessamment. J’ai l’espoir inconscient et la conscience de l’espoir. Je crois qu’on appelle ça Providence, et dans certains cas, volonté. J’ai l’espoir inconscient et la conscience de l’espoir.

 

Drôle de vide à démystifier

Reste qu’il n’y a qu’à soi à qui se fier

A l’anarchie des jours, jouer à se ficher… des jours

Pendant qu’au vide on veut s’identifier

Être avachi et lourd on s’est levé pour crier

Au-dedans tout s’est mu mais le monde s’en fout

Une onde apeurée a passé, a crevé

 

Nouvel écho du vide, divulgué par soi

On parsème nos flots de temps par de livides choses

Instants ne valant pas un chrysanthème

Rempart semé : seconde quand tout s’irise à hautes doses

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