A l'anarchie du désir

Fragment 39 – Falenatus

Détonante Buenos Aires, me rendant cher chaque étonnement

Rayonnante à la Nuit par ton col blanc, les airs allant avec

Au soir venu je t’ai vu luire

Papillon venu alunir sur Callao

Est-ce ainsi que l’on cajole Venus ?

Au soir venu j’ai pu te suivre, et l’affolante lueur…

Un si profond sommeil, d’où l’onde latine me sonne les cuivres

 

Noir, comme ce pantalon de cuir que la Lune t’enlève

Ombre de ta longue jambe, comme une mue de rêverie

Insaisissable seconde que le désir allonge en rêve

Rien ne la rend commune cette nuit, inouï coma dans lequel je plonge

 

Il n’est plus l’heure pour rien mais à l’ombre de tes ailes, je veux errer encore dans Buenos Aires. En corps tu nous veux, et mets dans nos battements l’intensité des heures qui fuient. Au Falena tu m’as enduit les lèvres du toucher des tiennes. Parfum au goût originel au milieu de ces livres sur lesquels je n’ai jamais fait que semblant de loucher. Il fallait te voir dans les allées, l’air digne de citadine : ce plus inutile des éphémères. Oui mais latine tu t’es faite autre, papillonnant du corps, m’accompagnant à la petite table de fer. Je t’y grave un peu d’encre, dans la gravité du désir qui veut durer. Oui mais phalène, as-tu voulu moins que cela ? C’est las que le jour nous laisse, c’est là que la Nuit nous dit : Buenos Aires. Phalène tu me voles et de quelques coups d’ailes nous parcourons la ville. A mille à l’heure je ne sais plus quelle est la rue, quelle est cette mue que tu me montres. En la calle, le noir nous avale. Et tes quartiers nous veulent, comme la Lune là-haut nous donne son aval. Heure d’envol, heure d’un vol de vêtements. Eclipse.

Heure de l’aube pour tes ailes, et te voilà à te lever. Ce pantalon noir de cuir te remonte aux hanches, tes jolies hanches de sucre auxquelles aucun vêtement ne succède. Tes hanches de fruit appellent au feu. Tu réenfiles ce pantalon de cuir, et ce faisant me fends le cœur.

 

Détonante Buenos Aires, me rendant cher chaque étonnement

Rayonnante à la Nuit par ton col blanc, les airs allant avec

Au soir venu je t’ai vue luire

Papillon venu alunir sur Callao

Est-ce ainsi que l’on cajole Venus ?

Au soir venu j’ai pu te suivre, et l’affolante lueur…

Un si profond sommeil, d’où l’onde latine me sonne les cuivres

 

Noir, comme ce pantalon de cuir que la Lune t’enlève

Ombre de ta longue jambe, comme une mue de rêverie

Insaisissable seconde que le désir allonge en rêve

Rien ne la rend commune, cette nuit, inouï coma dans lequel je plonge

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