Fragment 38 – Retour à l’âge d’argent
Dans un jour il y aura trois ans
Retentissante aura de ce pays
Au tant d’enivrantes heures dans le sang
Pressant tournant des lendemains
Empressement des pentes quotidiennes, du temps
Au tant d’enivrantes heures, dans un jour
Un jour il y aura trois ans, depuis cet âge d’argent
Nous revoilà devant ce jour, qui papillonne
Où es-tu maintenant, toi mon atout, ma mutine ?
Il erre en moi cette heure aux nuées inachevées
Restes de ces nuits échappées d’Argentine
Cette pensée se dédouble à triple puissance. Mathématique des A, des disparues obsédantes quand moi, là, j’ai cette chance que les dents terribles du monde ne me fassent que des accrocs de contrainte. Pas de complainte s’il vous plaît, roi de rien je ne saurai pas m’amnistier. A mi-honneur, mi-honte : amie d’ailleurs, homme à demi dans tes serres. Je savais les papillons pouvoir être captifs mais je ne leur savais pas le pouvoir de se faire pousser des serres. Ce phalène a deux têtes, comme l’aigle, et sous ma coque d’escargot, j’ai tôt fait de changer de genre, en répondant à tes attentes. L’escale au loin m’est une lancinante pensée : c’est un pendant à mon jour présent, que ton souvenir s’attèle à façonner. Le reflet de l’aube miroite au matin, je sens venir son aura aux rayons de toi. L’aurore va percer et j’ai cette pensée amère au sortir du rêve, dans la bouche de mes horizons. Une ligne se dessine et je vois tes seins, les siens. Je suis un fantassin du fantasme, un gentil petit soldat qui d’une rive à l’autre, du sommeil à l’Atlantique et de l’Atlantique au réveil, claque des talons comme un exécutant du désir. Exécution oui, pas de discussion. L’aurore doit se lever et moi, soulever l’inertie de ces deux mondes apposés. Le rêve et le souvenir, le réel et le rire amer. Amargo, que ça se dit dans ton pays, non ? Que divertido… Je pousse la drôlerie jusque dans mes rires de relâche. Rompez ! Je suis si lâchement délaissé par mon désir, que je libère un peu d’eau salée. Le rire est Atlantique, le sel est amargo. A ses ailes uniques, mon corps est amarré, coquille de lunes aux spirales chamarrées.
Dans un jour il y aura trois ans
Retentissante aura de ce pays
Au tant d’enivrantes heures dans le sang
Pressant tournant des lendemains
Empressement des pentes quotidiennes, du temps
Au tant d’enivrantes heures, dans un jour
Un jour il y aura trois ans, depuis cet âge d’argent
Nous revoilà devant ce jour, qui papillonne
Où es-tu maintenant, toi mon atout, ma mutine ?
Il erre en moi cette heure aux nuées inachevées
Restes de ces nuits échappées d’Argentine