A l'anarchie du désir

Fragment 37 – La couleur de l’envers

Drague de bibliothèque

Rat des villes, j’oscille du regard

A gauche un mur, à droite cette fille

Peau dont je sais d’un coup de cils ce qu’elle a dessous

Entrelac de jambes et par-delà, du rose scintille

Au fond je le sais comme une intuition : d’un regard

Une peau pareille, en bouche a du rose dans sa Mecque

 

Non, rien de vile, je suis homme et désir

On feindra de dire que jamais l’idée ne nous a touché

Il y a que moi je suis comme sincère à mon désir

Repérant à la peau les sifflements de lèvres inavouées

 

Dans l’ennui je fais monter le feu de l’encre. Au milieu des rayons, le jour gris s’ensoleille d’un angle mort. Tourner la tête de trop, et je devrais prendre les devants : aller. Or dans ces allées de livres, je compte revenir. Reste à savoir : reviendras-tu ? Mais mon Ouest a sa voix, alors… à l’angle mort, mon regard seul fait de toi le dédoublement. A la façon qu’a ta peau de réagir au jour, au pigment catapulté sur elle, je suppute la nuit. C’est un regard sans but, utile à rien si ce n’est à la vacuité du désir. Je fais monter le feu de l’encre dans l’ennui, maigre étincelle de désir. Mais une étincelle dans des rayons de papier… Tu me suis ? Non je ne suis pas du genre à raturer la page des autres, je laisse cet ouvrage à la poussière et ne cherche qu’à être un peu moins maître de moi-même. Mon désir est en chantier, en chantier de libre, et tu t’immisces de rose comme un gravier voulant contribuer. Tes cheveux ont la couleur blé, moi je suis hébergé par un coquelicot qui cliquette du pétale : parfum de chaînes et parfois pistil des plus fins. Puisse-t-il revenir, le temps… Je regarde tes blés, repense à mon bled, et au rat des chances je ne joue pas, je ne viens pas te mordiller. Je repense à la mort d’hier, à la naissance de demain, à la mort d’aujourd’hui, la renaissance dans les lendemains. Le long de ma main je t’imagine, rade échappée de l’océan. Je pars ! Et te ramène au soir, comme une rescapée du jour. Mon esprit te porte, ton corps est ailleurs. Je me soumets à l’esprit de corps et t’importe au corps à corps. Je songe à ta roseraie, je me pique de toi. Au bras de fer avec une reine, je fais malice de stratagèmes. J’effleure le lys et pense au blé. Je me rallie aux blés et coquelicots, je clopine du corps. Son Ouest a ma voix, alors… reste à savoir : reviendras-tu ? Moi, je ne sais pas.

 

Drague de bibliothèque

Rat des villes, j’oscille du regard

A gauche un mur, à droite cette fille

Peau dont je sais d’un coup de cils ce qu’elle a dessous

Entrelac de jambes et par-delà, du rose scintille

Au fond je le sais comme une intuition : d’un regard

Une peau pareille, en bouche a du rose dans sa Mecque

 

Non, rien de vile, je suis homme et désir

On feindra de dire que jamais l’idée ne nous a touché

Il y a que moi je suis comme sincère à mon désir

Repérant à la peau les sifflements de lèvres inavouées

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires