A l'anarchie du désir

Fragment 4 – Je n’attends rien

Dans ces lignes se trouve une origine

Résine abritant du digne ou de l’indigne

A la lie, du passé recouvrant un sens, ou l’insensé…

Petit brigand de quelques fines vignes

Espèces de petites veines abreuvées d’élan

A la lisière crépitent de pleines lampées de signes

Une gorge éclaire, une main fait reine ma page

 

Noirs sont les rênes, et la lampe est éteinte

Oublie tes yeux, ne freine pas dans la rampe

Il faut oblitérer le pieux, pour empoigner les teintes

Rouvrir ici le rêve, sur une poignée d’arômes

 

A la ligne sur l’eau, je veux t’emmener. Sûr de rien, al Sur, al Oeste… A l’Ouest je t’ai aimée, même si à ce mot j’étais sourd. Je me fiche de la réciprocité. Je suis bien là, sur ce banc, à regarder tes cheveux grisonner dans l’horizon. Mon désir n’attend rien, il s’est absenté. Sûrement est-il parti arpenter le souvenir de je ne sais quelle autre ligne d’horizon. Je vois les veines à ma main, qui trépignaient avant. Sous ce soleil d’avril elles se chauffaient comme des vignes. Mes mains ont de la poussière d’hier dans les racines, c’est-à-dire des peuplades de demain. Le mois de mai me dira si l’on s’emmène, mais encore une fois, du désir je n’attends rien. Nos présences se frôlent mais dans les mots on ne se parle pas vraiment. Ce moment s’exprime d’une bouche, de l’autre, mais nous n’entendons que celle de l’horizon. J’oublie mes yeux, je les fiche dans la grande lampe. Je sais qu’il faut accepter de ne plus voir, pour percevoir. Je perds ce mot en pensant à toi, rayon noir. Je me sais côtoyeur. Si je te respire, c’est pour aspirer aussi un peu de tes grands larges. Je chasse à la ligne, je pêche à l’Orient. Je me sentirais comme de commettre une grande largesse, à t’en revouloir comète. Et comme une toile fort bien tissée, tu ne voudrais pas non plus être de ce ciel. Dans tes cils je vois mes excès, mon ivresse. Je suis devenu bien docile alors je regarde mes mains, mes veines. Je regarde mes pieds comme si je ne pouvais pas soutenir l’horizon. Or je n’ai qu’à me souvenir. Qu’un jour, des nuits, je t’ai portée. D’un bras enroulé, comme d’une comète dont la traîne te caressait. Alors je regarde mes mains, mes veines. Sur ce banc, je regarde le soleil à nouveau, je te regarde toi, rayonner de gris. Je me nourris, te crayonne, je rouvre le rêve, non de toi mais du désir. Du désir je n’attends rien, si ce n’est qu’il revienne.

 

Dans ces lignes se trouve une origine

Résine abritant du digne ou de l’indigne

A la lie, du passé recouvrant un sens, ou l’insensé…

Petit brigand de quelques fines vignes

Espèces de petites veines abreuvées d’élan

A la lisière crépitent de pleines lampées de signes

Une gorge éclaire, une main fait reine ma page

 

Noirs sont les rênes, et la lampe est éteinte

Oublie tes yeux, ne freine pas dans la rampe

Il faut oblitérer le pieux, pour empoigner les teintes

Rouvrir ici le rêve, sur une poignée d’arômes

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