Fragment 29 – La peur, l’alcool et le désir
Danse ou ruade ? Dans ces jours trop doux
Relents de conforts, de bravades d’alcool
Anse où reposer, où s’enliser et donc d’où…
Partir.
Est-ce trop osé de s’espérer des rêves fous ?
A se repentir et ne faire que se poser…
Une feuille sur l’eau rosée, qui s’était supposée d’autres remous
Nous ne réalisons pas bien que des Alizé nous veulent des joies
On leur vole ce rêve, déjouant déjà leur invisible
Illusion que nous nous croyons, alors que dans un bain de foi
Réalisons que des jeux de volonté nous ciblent à tout va
A se reposer l’on s’enlise les racines dans le cercueil. Le bois n’est même pas mort qu’il faudrait déjà renoncer à la forêt, aux blés, aux coquelicots. Affolé de confort que je suis, le pouls essuyant ces millions de battements inutiles. Rien de sémillant. C’est mieux en l’écrivant, quoiqu’à peine. Le niveau qui revient sans cesse ! Pour tout faire baisser. Et le verre se remplit, vidant le verbe rêver de sa substance par d’autres substances. Fermées, à peine d’ivresse, ne faisant remonter dans le rêve que des valeurs refuges.
Ivre ou sobre, ces millions de nuits de sueur, mais le corps quasi d’inertie. Cocard au désir, on l’appelle la peur. Les vapeurs d’alcool la dissipent, les lendemains d’alcool la ressuscitent. Au pouls ces battements inutiles. L’ivresse peut venir d’ailleurs je le sais, et non, le réel m’amène à rosser, à ressasser, à repasser sur mes chemins. Je vois l’invisible des Alizé, avalé par ce volcan. Je suis ce volcan, ce puits, j’aspire le monde au milieu de mon île. J’attire et je repousse, mais je ne m’étends plus. Mes racines sont de lave et ne paissent plus. Je suis une pousse de plus au milieu du jardin terre, une boursoufflure terre à terre. Les bras de fer ont mis au pari, comme un jeu, mon désir. Le voilà suspendu à l’issue. A l’insu de nous, la volonté attend de voir vers quoi pencher, le rêve ou le verre, ou les deux, l’hiver ou l’été, ensemble : un automne.
En suspens me voilà monotone. En ferveur me revoilà l’ogre. Au gré de la Providence, elle aux aguets de la volonté que l’on émet. Je l’aimais, je l’aime. Je m’aimais, je m’essaime. A moi de redevenir mon propre mécène, et dans les bras de fer, rugir. Rugir : désir ! Mais dans la piaule alcoolisée, on ne m’entend guère que miauler, au milieu de ses ronronnements.
Danse ou ruade ? Dans ces jours trop doux
Relents de conforts, de bravades d’alcool
Anse où reposer, où s’enliser et donc d’où…
Partir.
Est-ce trop osé de s’espérer des rêves fous ?
A se repentir et ne faire que se poser…
Une feuille sur l’eau rosée, qui s’était supposée d’autres remous
Nous ne réalisons pas bien que des Alizé nous veulent des joies
On leur vole ce rêve, déjouant déjà leur invisible
Illusion que nous nous croyons, alors que dans un bain de foi
Réalisons que des jeux de volonté nous ciblent à tout va