A l'anarchie du désir

Fragment 28 – Plus lisse que lisse

Drapez-vous les yeux de visions

Remuez du pouls, remodelez du bout de vos doigts

Au-dessous de cette peau, il n’est qu’une perception

Pores tout potelés de sensations imaginées

En dessous de cette peau, maculée de succions

Aux déçus des jours, des lacunes quotidiennes :

Un aperçu de ce qu’au passé était la passion

 

Non n’espérez pas compenser, ces tant de Lunes boudées

Où le noir n’essaime plus, vous retrouverez le continuel

Instant volé que vous avez, vous avez volé en quelque part

Recouvré la vie par les yeux clos, avant de revenir à l’habituel

Revenant de l’habituel

 

La lampe émèche les draps d’un feu de sensations. Humez le flou, ces modèles de vous qui jamais ne disent : tu dois. Au fourre-tout de ces flots, l’inné vous guide en exception. Portes démantelées, d’exactions encore jamais paginées. En deçà de ces flots, ne reculez pas devant la tension. Si reclus des jours, voilà la Lune qui vous siffle aux persiennes : un aperçu de ce qu’au présent vous est la passion. Non, ne vous forcez pas à penser, il est temps de vous unir, vous et la grande bouée. Où le noir sème sans but, vous recouvrerez vos sens en vue du rituel. Un temps lové que vous gravez, vous avez rêvé quelque part en vous. Recouvrez-vous de vide par les feux du chaos, prévenant le retour à l’abime de ces jours sans sensuel.

Combien de ces jours au milieu de nos vagues ? Je planche à être tout pour toi, à n’être que tout pour toi, à ne plus naître que pour toi, à ne plus renaître au matin. Je suis une fenêtre renâclant à s’ouvrir : les portes déversent du flou sur mes perceptions, je m’y enferme pour ne pas revenir au poste. J’empeste le mal au matin, les sueurs de rêve cherchent à se défaire de ton parfum. Quelle sorte de poison est-ce, à la fin ? Maîtresse des poisons, les poids sont lourds à la chaîne des tâches que nous nous devons d’accomplir. Je renforce ma foi de quelques souffles et me lève, je gonfle mon bras de la force de mille glaives. Et je reprends les bras de fer : je les gagnerai tous. Je lutte pour le reflet de l’ombre, le reflet de l’aube. Je lutte au beau milieu de nous, par mes rêves et mes excès de flou. La folie est à ceux qui s’étalent d’eux dans les jours, se tartinant de faux comme des mers étales déjà, qu’ils s’attèlent à lisser encore.

Amour, si tu me veux ainsi, me veux-tu vraiment ? Amour, ne m’aimais-tu pas ferment ? Je croise le fer, luttant de mes deux bras, opposés l’un à l’autre. L’apôtre est lune et la vautre est de jour. Je tombe en nous car je sais que tu sauras : te relever. Et relever, un jour, que la vie ainsi lovés dans l’entrave est une vie volée, à ceux qui en feraient volontiers de virevoltants champs de lave.

 

Drapez-vous les yeux de visions

Remuez du pouls, remodelez du bout de vos doigts

Au-dessous de cette peau, il n’est qu’une perception

Pores tout potelés de sensations imaginées

En dessous de cette peau, maculée de succions

Aux déçus des jours, des lacunes quotidiennes :

Un aperçu de ce qu’au passé était la passion

 

Non n’espérez pas compenser, ces tant de Lunes boudées

Où le noir n’essaime plus, vous retrouverez le continuel

Instant volé que vous avez, vous avez volé en quelque part

Recouvré la vie par les yeux clos, avant de revenir à l’habituel

Revenant de l’habituel

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