Fragment 26 – Ton passé défilera dans d’autres mains
Des sensations dessous les pulsions
Relèves-tu le dos, que se couchent des influx différents
Au fond dis-moi ce que ta peau cache à nos jeux
Pendant que nos silences se causent, en hantant nos hanches
En apaches on se contourne, effilochant le grand feu
Ahanant autour, nos noirs décochent leurs flous
Une écorchée parle au sang pour lui dire de fuser
Nos flèches folles cherchent à se ruser
Où l’œil est pâle, au fond tu veux user de mon étreinte
Instillant dans tes reins les dépêches d’un passé avenu
Recueillant l’inconvenance disparue, la violence éméchée de tes plaintes
Quelle est cette sensation ? Au plus profond dans la nuit, nous frottons nos corps pétillants. Dans ces hauts fonds j’erre et tu joues à me semer, me sommant d’être un passé. Un autre animal s’y plairait, à te sonner de coups et de tirades peu enlevées. Je ne m’y plierai pas, préférant ce petit sensoriel dont on pourrait dire qu’il n’a rien d’essentiel. Tes lèvres me parlent mais j’écoute peu. Je tiens ton ventre dans ma main, ses rondeurs renversées, petit ballon de champagne ou de vin tandis que le fin entêtant de tes jambes offre à sentir cet inédit. Je ne me veux censeur de rien. Tu es comme ton parfum au fond : une senteur que je n’avais jamais connue. Tu me donnes tes cheveux, tu te veux reine renonçant à ses privilèges, tu pries nos villes de désir de se faire moins légères. Les lèvres de nos désirs s’essaient, mais les rives sont parfois des livres peu similaires. Sans en avoir l’air je prends les rênes de la Nuit. Je décevrai la maigreur de ton dos, de tes côtes. Tes épaules ne m’appellent qu’en vain, je ne suis pas l’animal aux velléités bestiales : je n’en ai pas le désir. Je veux semer de la Nuit et du noir, être un pôle, être impoli à n’en pas céder. Ton passé défilera dans d’autres mains. Au large de la Nuit je sème l’ogre vulnérable, entends ceci. Depuis ces contrées de mes puits je ne suis qu’un ogre et, pour tout animal, je ne suis qu’un homme, un collecteur de suies, de ciels.
Ton passé défilera dans d’autres mains, que tu défieras de t’être plus bestiales qu’animales. Et sapée par toi-même, tu t’effilocheras de sons, comme une cloche à jeun au milieu de ton carême d’amour. Jusqu’à ce qu’au milieu de tes harems, tirant cette corde du passé, tu demandes que l’on décoche du feu à nouveau, que tu t’enfouisses et que l’on te sonne comme si cela devait te mener au tombeau. Par toi j’apprends que le désir est pulsion de vie ou de mort.
Des sensations dessous les pulsions
Relèves-tu le dos, que se couchent des influx différents
Au fond dis-moi ce que ta peau cache à nos jeux
Pendant que nos silences se causent, en hantant nos hanches
En apaches on se contourne, effilochant le grand feu
Ahanant autour, nos noirs décochent leurs flous
Une écorchée parle au sang pour lui dire de fuser
Nos flèches folles cherchent à se ruser
Où l’œil est pale, au fond tu veux user de mon étreinte
Instillant dans tes reins les dépêches d’un passé avenu
Recueillant l’inconvenance disparue, la violence éméchée de tes plaintes