Fragment 2 – De ta violence
De ta violence je me souviens
Rappel immédiat au primaire
Affriolants ou non : ces moments ? Déflagrations
Primeur à aucun, affolants tous
Embrigadant mes mots, mangeant mes intentions
Arrimant le chaos à tes quais brûlants
Un drapeau flottant dans l’abime, en dessous vint l’ultime
Naïf animal on prend sa chance et sans y chercher un sens
On s’élance et sans préparatif, l’instinct se dévale
Il faut dévaliser l’instant libéré de ses laisses, par l’instable errance
Ravine irisée de lave, dont le plus insaisissable est à l’envers de l’aval
De ta violence je peux vibrer encore un peu, ricochets au corps, dans les membres du souvenir. Ensemble nous avons ouvert des portes, des puits, nous avons creusé des contrées méconnues. Mais comme une brise je ne peux pas te saisir fermement : les ferments de toi se logent en ne suivant que leur anarchie. L’effarement vient mieux quand on ne l’attend pas, et les phares mentent peu là-dessus : « la côte est là, cesse d’être un côtoyeur » ou « la côte est là, ce port pourrait être à ton noir une nouvelle Bourbon ». « Sois une île et dérive en toi-même » tel est ce que je percevais de ta violence. Avec toi il n’est pas d’innocence intellectuelle ; il y a à ne pas penser et violemment se saisir de la seconde. Tu es l’amont du monde, cet instant dans l’escalier l’avale déjà, m’aidant à la porter jusqu’à nous. Comme vêtu d’un haut blanc et traversant la rue vers cette terrasse où deux paires d’yeux m’attendent. Et roulant comme une pierre dévaler le volcan, et sauter les ravines. Usé de fatigue commettre l’appel du corps, puis comète à l’aube dans ses lèvres ou gommette noire appliquée au maigre gris des jours. Et ta violence à en hanter ce lit d’ailleurs, et ces ailleurs d’argent, antécédent à tout, postérieur à rien : sous l’aval de ta violence. Tu es l’une de ces violences louables, sévissant d’électrique entre les êtres, sémillant et cyclique. Capricieuse fenêtre et soudain délicieux horizon, qui sans personne pour lui souffler, s’amuse à apparaître.
Dis-moi, d’où me parlais-tu ?
De ta violence je me souviens
Rappel immédiat au primaire
Affriolants ou non : ces moments ? Déflagrations
Primeur à aucun, affolants tous
Embrigadant mes mots, mangeant mes intentions
Arrimant le chaos à tes quais brûlants
Un drapeau flottant dans l’abime, en dessous vint l’ultime
Naïf animal on prend sa chance et sans y chercher un sens
On s’élance et sans préparatif, l’instinct se dévale
Il faut dévaliser l’instant libéré de ses laisses, par l’instable errance
Ravine irisée de lave, dont le plus insaisissable est à l’envers de l’aval
Jean-Marie Loison-Mochon
A l’anarchie du désir