Fragment 1 – L’avidité du vide
Dans l’anarchie des jours, j’aboie
Rappelant à la nuit la rage qui m’animait
Amenuisée depuis, que je poursuis pourtant dans l’au-delà
Payé d’usure mon désir fuit comme un chien errant
Epuisé ! Cela dit il survit par le passé que j’aimais
Amusé j’y émerge au besoin par les toits
Un bras me parle de toi comme l’encre d’un jet
Ne voyais-je pas la perle de joie ?
Où voyageai-je si ce n’était vers d’autres fois ?
Il était une fois ce repaire lointain et secret
Réparant l’errance du chien par le blanc de ton corset
Les ronces du jour m’enserrent. Les pattes prises, je cherche à avancer tout de même, à pas timides et douloureux, dans les redondances ces foutus mois. Vois-tu, j’étais désir, j’étais capricieux, imprévisible : un animal libre d’errer. Mais une errance peut être contrainte, quand des ronces nous enserrent. En serviles petites choses de confort, choses parmi les choses, obligées de ne plus choisir rien : le désir peut se faire la malle. Mon errance est incisive encore, mais le reflet de mon ombre a les canines élimées. Elle m’est si près et si loin à la fois. Si je voulais me ranimer, je pourrais aller respirer sa voix, écouter son parfum, toucher son quotidien. Mais il n’en est rien, les ronces rendant chaque pas coûteux. Où te retrouver si c’est pour ne pas y être libre ? Je vibre au souvenir de ces nuits, noires de nous. De nos peaux me reste un peu de fibre, je voyage au travers de pas coûteux. Travers du trépas dans la vie démesurée, l’avidité du vide, du vert, des yeux, des ronces. Je cherche l’once de moi-même, dans les mers du quotidien. Je suis errance, j’étais chien. Reflet de l’ombre, j’étais l’errance. J’étais l’errance mais je tends à devenir un peu trop humain.
Dans l’anarchie des jours, j’aboie
Rappelant à la nuit la rage qui m’animait
Amenuisée depuis, que je poursuis pourtant dans l’au-delà
Payé d’usure mon désir fuit comme un chien errant
Epuisé ! Cela dit il survit par le passé que j’aimais
Amusé j’y émerge au besoin par les toits
Un bras me parle de toi comme l’encre d’un jet
Ne voyais-je pas la perle de joie ?
Où voyageai-je si ce n’était vers d’autres fois ?
Il était une fois ce repaire lointain et secret
Réparant l’errance du chien par le blanc de ton corset
Jean-Marie Loison-Mochon
A l’anarchie du désir