Fantasme à deux lectures – VII
“I need something to sort me out
I need someone to come and shake me”
Colour of the trap, MK
Te plaquer je le voudrais
…
On en découdrait alors
…
Te plaquer je le voudrais, le désire
L’opaque en toi, le déchirer
…
Je te piquerais, de pensées tout sauf hostiles
Mes mains se contenteraient de te contraindre
…
Je te ferais t’asseoir à table, pour éteindre ton flou
Quitte à mettre un rasoir sous l’état vulnérable
…
Quand ta langue au sombre devrait se rendre
Essayer, à la mienne et quitte à sombrer, de tendre
…
Et je te prendrais par les hanches, décocherais mes questions
J’écorcherais ta peau ou celle de tes pensées, pour qu’elles dégorgent
Je ne t’apprendrais rien, cette anse inconsciente te revient
…
Je serais souverain silencieux, collectant l’onde en sel
L’onde en toi, qui ensorcelle l’armature de ton esprit
Il en sortirait de toi, une larme à l’allure de sens
…
J’irais à gué entre conscient et inconscient, inciser
Je te contraindrais sans que tu consentes à dire
Et tu dirais en larmes, sel et soupirs, ta parole véritable
…
Sur toi je me pencherais encore, partante ou rétive
Partant du fait qu’il y ait des chances que tu partes
Surseoir alors, en chassant ce trouble à tes portes
…
Te plaquer je le voudrais, troublé par tes versants
Ces versants d’enfer, avec lesquels tu es aux prises
Le craqueler je le voudrais, t’en faire voir ce qu’il irise de profondeur
…
Je sus qu’on brûlait, tu succomberais de vrilles et colères intérieures
De ce que j’aurais susurré, de ce que tes lèvres diraient
Car je n’aurais rien suturé mais été lave, illusion ou veilleur
…
En tremblements j’aspirerais le suc, le sel à la pâleur
A ta joue ou à tes lèvres, je déjouerais la pile de larmes et pulsions
Détourant la couleur du piège par impulsion
…
Des torrents d’un genre de souple éruption
…
De moi fendant une faille, au pelage qui se refermerait
Jules
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle