Fragment 15 – Avant l’amer
Douves de passé, sous lesquelles couvent…
Résidus, séquelles et plaisirs absorbés
Au beau milieu quel est le lieu après le pont-levis ?
« Présides-tu ta destinée par le passé ? »
En haut les mots appellent au présent
Au résident ou invité, une voie tracée
Un haut le cœur et l’appel d’air : envoi
Nuages de rien, c’est-à-dire de tout
Où le flou s’étire, en pelletées d’éphémères
Il y a ce mirage, d’une pale et terne citadelle
Rappelle-toi qu’il faut ouvrir encore, l’emprise des serres
Après l’éclipse du matin, je te raconte ce rêve. Il est presque déjà parti mais j’en sauve quelques morceaux. Je veux gagner la partie. Tout n’est-il pas lié ? Ces jours, si le pâle y est roi, n’est-ce pas que l’aube ne fait plus que pallier le jour ? Tu me dis insuffisant, tes ambitions d’ailleurs te hantent, dénigrant l’ailleurs que déjà nous sommes. Mon sommeil me divertit certains soirs, m’avertit en d’autres. Je ne m’espère pas renégat, je n’ai pas le désir de renier. Mais tes emportements, tes franchissements de la porte au palier, du palier à la porte, ont peut-être domestiqué l’électricité. Nous conduisons le flux, je te parle de la citadelle qui, au milieu des bras de fer, résiste. A l’ouverture du jour, nous écrivons une ellipse au devoir, à voir entre des jambes et des bras, des gens qui bêtement s’aiment. Au soir tu reviendras pleine de regards, pleine de jugements, remplies des on-dit que la jalousie des autres colporte. Et tu onduleras de tout ça, comme un panneau dans lequel ta perméabilité morale tombe. Ma morale n’est rien, elle, n’a pas l’aérien d’un orgueil. Mais dans ton œil elle peut souffrir. Alors avant l’écueil du jour, je te cueille au réveil, quand rien encore n’a l’amargo des poisons. La mer est de blés et coquelicots, elle chatouille les flancs de la citadelle. Si tu as d’elle, sache qu’en moi tu es bien gardée, d’une garde prête à t’enlever à toute heure, à fêter ton corps comme aujourd’hui, à la relève du matin.
Douves de passé, sous lesquelles couvent…
Résidus, séquelles et plaisirs absorbés
Au beau milieu quel est le lieu après le pont-levis ?
« Présides-tu ta destinée par le passé ? »
En haut les mots appellent au présent
Au résident ou invité, une voie tracée
Un haut le cœur et l’appel d’air : envoi
Nuages de rien, c’est-à-dire de tout
Où le flou s’étire, en pelletées d’éphémères
Il y a ce mirage, d’une pale et terne citadelle
Rappelle-toi qu’il faut ouvrir encore, l’emprise des serres