A l'anarchie du désir

Fragment 10 – La rouille dans l’éclat noir

Dormance : d’un désir de liberté

Relents de décadence

Au beau milieu d’un quotidien amenuisé

Parce que l’anse du confort est un étau

Espace que l’on sent se resserrer : nous abuser

Au bout de l’effort, des spasmes sans plus de puissance

Un pouls de fort, dans le confort, s’est épuisé

 

Nouvelle décadence car tout est un cycle sans le courage

Oui sans le courage : d’agir, ou de faire danser les pensées

Il y a que c’est ainsi que se densifie la vie

Regards sur ces temps-ci, où je m’éteins sans sourciller

 

Je me traîne dans les rues, comme une traînée de poudre détrempée. L’éclat noir rouille dans ces jours, je pars à sa recherche. L’Orient se lève mais la pluie masque déjà. Quitte à ce que je rouille davantage, je me risque à poursuivre, dans les étages que m’est cette ville. La pluie s’est emparée d’elle, il y a bien longtemps qu’elle n’y a plus aucun rempart. En ville je me promène, répandant une grisaille. Je passe aux Fontaines, où l’autre côté du carreau me rit au nez.

Un passé carié dans une ville qui fut en ruines, après tout…

J’entends pourtant la bombarde encore, ce festival de sensations, aromatisées d’alcool, d’un ailleurs plus à l’Orient encore. Elle avait eu le courage de migrer, de cheminer jusqu’ici. Moi je parchemine des pensées mais ne parachève pas grand-chose : et si le désir était lié à la mort, que ne plus craindre la mort altérait l’ensemble ? Je me désaltèrerais bien d’un rhum avec toi. Je ne crains pas la mort, et de toute façon, ça ne sera que si un jour je meurs. Par contre, il semble que je craigne la vie. Je me suis rasé la crinière et seule une longue chevelure bouclée d’homme a repoussé. L’ogre aimait, mais émettant de l’amour il s’est fait récepteur à orages. Tes orages, amour. L’ogre a l’amour et possédant, comme possédé, s’endort. Un pouls de fort, dans le confort s’est épuisé. Mais aucune décadence ne peut peser sur nos bras de fer : je les gagnerai tous. Ne me reste qu’à retrouver les rouages du courage, alors je traîne dans les rues à sa recherche. Je vends mes pas et trop de mon temps, dans de la passivité. Je rejoins l’amour mais ne fais que peu de feu. Le peu de feu que j’ai m’emmène dans d’autres rues, où je fais entendre ma rage enrouée. Je lutte au bras de fer, ces circonstances cherchent à faire plier le noir, à m’encager dans des bocages. Je me suis engagé sur les voies du désir, et des résidus d’Orient percent les nuages de pluie. Le chemin m’a plu, me plais, je plie. Mais ma plume se relève, amour, dans l’oreiller noir de notre rêve.

 

Dormance : d’un désir de liberté

Relents de décadence

Au beau milieu d’un quotidien amenuisé

Parce que l’anse du confort est un étau

Espace que l’on sent se resserrer : nous abuser

Au bout de l’effort, des spasmes sans plus de puissance

Un pouls de fort, dans le confort, s’est épuisé

 

Nouvelle décadence car tout est un cycle sans le courage

Oui sans le courage : d’agir, ou de faire danser les pensées

Il y a que c’est ainsi que se densifie la vie

Regards sur ces temps-ci, où je m’éteins sans sourciller

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