Fraction d’étonnement
Quand deux visages se croisent
Et que l’action se perd
Quand deux visages
Ce que l’on croit, ce que l’on sait
L’une perd la sagesse de ses répétitions
Mouvements, de ceux que l’on sème
En chemin, l’un bredouille un sourire
Et le segment des mots se fait difficile
Un tracé entre deux regards, une seconde ou deux
Des ficelles vues et revues, laissant hagards pourtant
Un passé déjà, ne sachant que pouvoir dire
En guise de franchissement après une fraction d’étonnement
Division des trajectoires, de ce qui te lie un monde
Et les satellites reprennent la course
Leur cours des choses, sans victoire ni défaite
Avec un peu de victuailles peut-être
Du genre de celles qui te lient au monde
Pas une peur, pas une retenue, mais le cours des choses
Après s’être tenus l’attention, vus : devoir y revenir
Il y a des réservoirs de rien dans l’aléatoire des forces suspendues
Il y en a oui, qui auraient dû dévier, bifurquer
A se surprendre du coin de l’œil, mais il n’y aurait pas eu
Cette profondeur frustrante et tendre
de l’inattendu
Jean-Marie Loison-Mochon