Forêt brûlée sous l'eau - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Forêt brûlée sous l’eau

Forêt brûlée

Forêt brûlée sous l’eau

Et sous l’opacité des mots

La pluie sait me peinturlurer des mannes

Des phrases amenées par les gouttelettes

Goute-les tes mots, dit-elle

Alors je m’attèle à courir le souffle haut

Forêt brûlée sous l’eau

Mon corps est atelier mouvant

Mon corps est atelier de mouvements

Je couve en moi ce que découvre la pluie

Je cours en moi autant qu’ici, sous la pluie

Tout revient, à ce Forêt brûlée sous l’eau

Tout me vient comme déjà construit

Comme un refrain dont je suis déjà enduit

Et j’ondule dans la boue, du début à la fin

Vers cette flaque ici conduit, en des mots de pluie

En des mots de nuit, à l’aura endémique

Comme une rythmique échafaudée

Un tour en forêt, au gré des gouttes

Impacts et détours dans cette flaque

Les yeux à quai, se détourent des ombres

Un pacte et du flou, entre les arbres d’eau

Et le bizarre ici serait de ne pas y voir un château

Castillo, je m’y sers en regards

Et le reflet compact, qui se pare d’atours

La tour à ce castillo, atout au loin

Comme une Castille chaude et noire, qui aurait tout

Qui aurait tout d’une nuit à l’angle du désir

Castillo, d’un triangle induit

D’un triangle qui m’enduit, qui se place au plus haut

Castillo dans une flaque, à Forêt brûlée sous l’eau

Et l’impact au plus haut, dans le pouls crépusculaire

Le pacte à deux corps, cette flaque pour décor

Et j’édulcore car en sommeil j’ai fondu

Mon rêve a pris du corps pour me liquéfier

Forêt brûlée sous l’eau, castillo bâti

Castillo enduit de sueurs et de sel

Du féminin au masculin, nus des heures, de celles

De celles qui irradient comme une pluie, d’impacts

Gouttelettes décelées en surface, de cette flaque

Castillo, à Forêt brûlée sous l’eau

Le reflet hululé en mots et gouttelettes

Goute-les, tes désirs embués

Comme un désert embrumé qui se place si haut

Castillo, né de mots inconscients

Triangle brumeux et opacifiant

Des mots ainsi lancés sur une flaque

De reflets cadencés par la douceur, d’une pluie et ses attaques

 

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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