Forêt brûlée sous l’eau
Forêt brûlée sous l’eau
Et sous l’opacité des mots
La pluie sait me peinturlurer des mannes
Des phrases amenées par les gouttelettes
Goute-les tes mots, dit-elle
Alors je m’attèle à courir le souffle haut
Forêt brûlée sous l’eau
Mon corps est atelier mouvant
Mon corps est atelier de mouvements
Je couve en moi ce que découvre la pluie
Je cours en moi autant qu’ici, sous la pluie
Tout revient, à ce Forêt brûlée sous l’eau
Tout me vient comme déjà construit
Comme un refrain dont je suis déjà enduit
Et j’ondule dans la boue, du début à la fin
Vers cette flaque ici conduit, en des mots de pluie
En des mots de nuit, à l’aura endémique
Comme une rythmique échafaudée
Un tour en forêt, au gré des gouttes
Impacts et détours dans cette flaque
Les yeux à quai, se détourent des ombres
Un pacte et du flou, entre les arbres d’eau
Et le bizarre ici serait de ne pas y voir un château
Castillo, je m’y sers en regards
Et le reflet compact, qui se pare d’atours
La tour à ce castillo, atout au loin
Comme une Castille chaude et noire, qui aurait tout
Qui aurait tout d’une nuit à l’angle du désir
Castillo, d’un triangle induit
D’un triangle qui m’enduit, qui se place au plus haut
Castillo dans une flaque, à Forêt brûlée sous l’eau
Et l’impact au plus haut, dans le pouls crépusculaire
Le pacte à deux corps, cette flaque pour décor
Et j’édulcore car en sommeil j’ai fondu
Mon rêve a pris du corps pour me liquéfier
Forêt brûlée sous l’eau, castillo bâti
Castillo enduit de sueurs et de sel
Du féminin au masculin, nus des heures, de celles
De celles qui irradient comme une pluie, d’impacts
Gouttelettes décelées en surface, de cette flaque
Castillo, à Forêt brûlée sous l’eau
Le reflet hululé en mots et gouttelettes
Goute-les, tes désirs embués
Comme un désert embrumé qui se place si haut
Castillo, né de mots inconscients
Triangle brumeux et opacifiant
Des mots ainsi lancés sur une flaque
De reflets cadencés par la douceur, d’une pluie et ses attaques
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle